Iran : Victoire nette mais fragile de Rohani

La victoire du président sortant le 19 mai est surtout celle de la jeunesse occidentalisée des villes.

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Avec 57 % des voix, la victoire du président sortant, Hassan Rohani, au scrutin du 19 mai est surtout celle de la jeunesse occidentalisée des villes. Une jeunesse qui a bruyamment fêté l’événement dans les rues de Téhéran, hommes et femmes mêlés, défiant ainsi les usages de la République islamique. La défaite du conservateur Ebrahim Raïssi (38 %) se double d’un échec à la municipalité de Téhéran. L’élection, qui avait lieu le même jour, a été marquée par un raz-de-marée des réformateurs, qui ont remporté la totalité des 21 sièges du conseil municipal, dans une ville dirigée depuis quatorze ans par les conservateurs.

Pour autant, la tâche de Rohani ne sera pas simple. Même minoritaires, les conservateurs conservent une position de force avec des institutions non élues, comme les ­Gardiens de la Révolution, l’armée d’élite du régime, et le pouvoir judiciaire. À cette adversité, hostile à toutes les évolutions de la société, s’ajoute le risque d’une obstruction américaine dans la levée des sanctions économiques. La libéralisation sera bien difficile si les conditions de vie ne s’améliorent pas.


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