Dossier : Paris, terre d’accueil ou terre d’écueil ?

Le dédale de l’urgence

L’évacuation du campement de la porte de La Chapelle a obligé les services de l’État à prendre en charge plus de 1 500 hommes seuls dans des centres d’accueil provisoires.

« Où veux-tu aller ? » Écrite au feutre noir sur un tableau blanc, la question n’est pas anodine. Calais, Angleterre, Norvège, Allemagne, Soudan, Paris… Chacun des quinze migrants qui la fixent pour la mémoriser pourrait y répondre différemment si on parlait de leurs rêves. Mais, aujourd’hui, la réponse est plus concrète. « Je veux aller au centre-ville », répètent-ils consciencieusement, à voix haute ou dans leur tête. Assis en tailleur sur le parquet du gymnase, ils suivent attentivement le cours de français improvisé par Thomas, un bénévole présent depuis leur arrivée à Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne. Quelques jours auparavant, ces réfugiés dormaient encore dans des tentes installées sur les trottoirs de la porte de La Chapelle, dans le nord de Paris. Mardi 9 mai, l’État a procédé à une évacuation de ce campement proche du centre de premier accueil surnommé « la bulle ». Une « mise à l’abri humanitaire », selon les pouvoirs publics, comme il y en a eu des dizaines dans la capitale depuis deux ans. Une mise à l’écart, pour les associations et les citoyens solidaires qui ont vu, impuissants, les cars emmener ces centaines de personnes qu’ils ont côtoyées et aidées pendant des semaines. Une seule question dans toutes les têtes : « Où vont-ils ? »

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