L’illusion d’une victoire

L’élection d’Emmanuel Macron n’efface ni l’éclatement du paysage politique constaté au premier tour ni l’ancrage de l’extrême droite. L’enjeu des législatives n’en est que plus important.

Michel Soudais  • 10 mai 2017 abonné·es
L’illusion d’une victoire
© photo : Eric FEFERBERG/AFP

La victoire d’Emmanuel Macron est incontestable. Pour autant, il est abusif de la présenter comme un triomphe. Elle ne peut être considérée ainsi qu’au regard du parcours personnel du Président élu. On y trouve tous les éléments d’une success story propre à sculpter la légende du fringant ministre qui voulait voir les jeunes rêver d’être milliardaires : sans parti il y a un an, sans même se positionner clairement sur l’échiquier politique, sans expérience d’élu ni même de militant, et à un âge – 39 ans – qui n’est pas celui « qu’il faut » (François Bayrou dixit) pour la fonction suprême, Emmanuel Macron est devenu, le 7 mai, le huitième président de la Ve République. Et le plus jeune des vingt-cinq présidents de la République, juste devant Louis-Napoléon Bonaparte, élu à 40 ans en… 1848.

Sur un plan politique, il est toutefois illusoire d’interpréter son élection comme un vote d’adhésion qui vaudrait plébiscite pour son projet. Certes, Emmanuel Macron bat largement Marine Le Pen, avec un score sans appel de 66,10 %

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