Mélenchon à Marseille : le choix d’un député, plutôt que deux, contre Macron

Législatives. En voulant « remplacer » le socialiste sortant Patrick Mennucci, le leader de la France insoumise prive l’Assemblée nationale d’un député potentiellement anti-Macron.

Pauline Graulle  • 12 mai 2017
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Mélenchon à Marseille : le choix d’un député, plutôt que deux, contre Macron
© photo : CITIZENSIDE / GEORGES ROBERT / CITIZENSIDE

Jean-Luc Mélenchon n’en a pas fait mystère hier : « Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer. » Voilà ce qui explique (entre autres) qu’il se présentera contre le député sortant socialiste Patrick Mennucci, dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône au lieu de tenter l’affrontement avec l’extrême droite ou la droite à un autre endroit.

« Remplacer » le PS par une gauche vraiment de gauche au plan national ? Pourquoi pas… Faut-il pour autant le « remplacer » à l’Assemblée nationale, au risque de perdre l’une des précieuses (car, sans doute, peu nombreuses) voix qui pourraient s’élever contre la politique d’Emmanuel Macron ?

Patrick Mennucci a beau avoir soutenu Benoît Hamon contre le lâchage de Manuel Valls lors de la présidentielle, il n’a certes pas grand-chose du « frondeur » socialiste. Il avait d’ailleurs demandé la tête de l’un d’entre eux, Gérard Filoche, suite à sa sortie malheureuse sur le patron de Total après le décès accidentel de celui-ci en 2014. Durant son précédent mandat, le député des Bouches-du-Rhône a en outre voté sans barguigner la loi Renseignement afin « de ne pas laisser à la droite le monopole de la fermeté et de la sécurité », mais aussi la très libérale loi sur l’accord national interprofessionnel. Quant à l’état d’urgence, dont il a voté la mise en place, il le considère comme « une avancée démocratique dans la République » (lire ici).

Néanmoins, cet ancien soutien de Ségolène Royal n’est pas non plus exactement de l’aile droite. Il a ainsi estimé que la déchéance de nationalité pour les seuls binationaux était « une rupture d’égalité grave entre les Français », avant de voter la version remaniée de l’article 2 du projet de loi constitutionnelle contrairement à 102 députés de son groupe. Il s’est opposé à _« la philosophie générale » de la loi travail, sans pour autant aller jusqu’à rejoindre les députés de gauche qui ont tenté de déposer une motion de censure. A priori, difficile aussi de le soupçonner d’être favorable au nouveau président : « Que [les socialistes] continuent comme ça et [les Français] auront Emmanuel Macron », avait-il ainsi averti au moment de la primaire du PS. Mélenchon eût peut-être été mieux inspiré de ne pas priver l’Assemblée de l’un de ses probables opposants…

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