Mélenchon : « Il faut viser la victoire ! »

À Villejuif, Jean-Luc Mélenchon a galvanisé les candidats « insoumis » aux législatives. Il a estimé une cohabitation possible.

Pauline Graulle  • 13 mai 2017
Partager :
Mélenchon : « Il faut viser la victoire ! »
© Photo : Michel Soudais

Ils partiront 500 (ou à peu près), mais ils se voient déjà 5 000. Samedi, en fin d’après-midi, les candidats aux législatives de La France insoumise sont rentrés chez eux gonflés à bloc. Objectif atteint, donc, pour cette « convention nationale » organisée dans l’ancienne « banlieue rouge » de Villejuif afin de mobiliser les troupes à deux jours de l’ouverture du dépôt des candidatures en préfecture. Il faut dire que Jean-Luc Mélenchon, qui intervenait à la fin de ce grand raout, n’a pas lésiné pour galvaniser ceux qui représenteront la France insoumise les 11 et 18 juin prochains. Il s’est improvisé véritable coach pour ces militants, dont bon nombre sont novices en politique, souvent jeunes et dont aucun n’a encore jamais été élu député.

Accueilli par une standing ovation, le candidat à la présidentielle a parlé pendant une bonne heure sur l’estrade, expliquant aux impétrants qu’ils n’étaient pas là pour faire de « la figuration ». Persuadé, semble-t-il, que la stratégie de la présidentielle sera victorieuse aux législatives (« L’élection présidentielle va se reproduire », a-t-il prédit), il a fixé l’objectif : ni plus ni moins que de « gouverner le pays ». Opposant « la force de notre cohérence » aux « miettes de la soupe aux sigles », il a dit tout le mal qu’il pensait des « alliances tuyau-de-poêle ». En ligne de mire, le PCF, avec qui la France insoumise a échoué à trouver un accord la semaine dernière. Mais aussi les hamonistes qui restent au PS.

Dégagisme

Jean-Luc Mélenchon est ensuite longuement revenu sur l’épisode de la présidentielle, souhaitant ne « montrer du doigt personne ». L’heure n’était pas pour autant au mea culpa. Conspuant les « médiacrates » qui auraient, durant la campagne, « mis leur énergie à casser une vague ascendante », moquant les « diversions » – dont le « pompon » était le PS « avec ses deux candidats » –, il a aussi regretté la « démocratie vermoulue » qui aurait conduit à son échec « au raz des doigts, à 600 000 voix près ».

Comme tout bon chef de guerre, il a désigné l’ennemi à abattre : Emmanuel Macron qui prépare « l’énorme coup de tonnerre » de « l’abrogation » du code du travail. Puis en « homme d’expérience », il a prodigué quelques conseils : « Ne partez pas en disant ‘‘on va faire pour le mieux’’, ce qu’il faut viser, c’est la victoire. Ne dites pas : ‘‘Votez pour moi pour la couleur du trottoir’’, mais ‘‘Votez pour moi parce que cette élection est une élection nationale, qu’elle concerne la place de la France dans l’Europe et dans le monde, votez pour moi pour ne pas donner les pleins pouvoirs à Macron ». »

L’ex-candidat à la présidentielle, qui se présente à Marseille contre le socialiste Patrick Mennucci, a toutefois réservé ses derniers coups au PS. Faisant huer les « crevards » qui ont cherché l’investiture d’En marche !, il n’a montré que mépris pour ces « faussaires », ces « marchands d’illusions ». « Vous êtes tous les mêmes ! » a-t-il lancé à leur adresse, après avoir défié les hamonistes : « Ils veulent recomposer ? D’accord, sortez du PS, venez ! »

Puis d’opposer l’incohérence et le flou des socialistes à la pureté idéologique de La France insoumise : « Nous, nous avons un drapeau sans taches, honnête, loyal,fier ! Notre démarche, c’est dégagez-les ! » La salle, conquise, a entonné une Marseillaise pleine d’espoir.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Impôt sur la fortune : le cadeau que veut faire le RN aux plus riches
Fiscalité 21 juin 2024

Impôt sur la fortune : le cadeau que veut faire le RN aux plus riches

Dans son programme, le Rassemblement national veut supprimer l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) pour le remplacer par un impôt sur les fortunes financières (IFF). Un beau cadeau, uniquement à destination des 1 % les plus riches.
Par Pierre Jequier-Zalc
Accusé d’incompétence économique, le Nouveau Front populaire sort les chiffres
Économie 21 juin 2024

Accusé d’incompétence économique, le Nouveau Front populaire sort les chiffres

L’alliance des gauches se positionne pour une politique de relance et d’investissements massifs. Un chiffrage permettant de financer un programme de « rupture immédiate et claire avec la politique d’Emmanuel Macron ».
Par Lucas Sarafian
« Vous avez déjà entendu le RN parler de patriarcat ? »
Entretien 21 juin 2024

« Vous avez déjà entendu le RN parler de patriarcat ? »

Alors que le Planning familial a appelé à voter pour le Nouveau Front populaire, Sarah Durocher, sa présidente, revient sur cette décision et appelle à se mobiliser à la manifestation du 23 juin pour préserver les droits des femmes et des personnes LGBTQI+ face à l’extrême droite.
Par Hugo Boursier
Dans l’Essonne, l’optimisme infaillible des « vieilles du porte-à-porte »
Reportage 21 juin 2024

Dans l’Essonne, l’optimisme infaillible des « vieilles du porte-à-porte »

Dans la cinquième circonscription de l’Essonne, la gauche a perdu les dernières législatives à 18 voix près. Reportage à Gif-sur-Yvette sur un porte-à-porte mené par un groupe de retraité.es, optimistes pour faire basculer la « swing circo ».
Par Pauline Migevant