Mieux manger, c’est pas du gâteau

Alors que débute le Printemps bio et qu’un appel défend le « droit à bien manger », les réflexions sur l’alimentation gagnent du terrain. Mais les logiques industrielles et les inégalités perdurent.

Deux semaines pour sensibiliser. Telle est l’intention de l’Agence Bio, plateforme nationale d’information et d’action pour le développement de l’agriculture biologique en France. Chaque année, dans la première quinzaine de juin, elle organise un « Printemps bio », avec des centaines d’animations dans toute la France pour tous les publics (fermes ouvertes, apéros, expositions, dégustations en magasin, goûters dans les écoles, conférences, repas bio en restauration collective et commerciale, ateliers culinaires).

Pour l’agence, cette campagne, au cœur du développement durable, entend faire découvrir (ou redécouvrir) des principes, des valeurs, « un mode de production et de transformation respectueux de l’environnement et du bien-être animal ». C’est d’autant plus important que l’information a encore du chemin à faire. Car, si le bio est passé dans les mœurs, si, pour la plupart des consommateurs, le bon produit est un produit bio, encore faut-il savoir comment il a été fait et comment il arrive chez soi.

En attendant, le marché bio a connu une croissance de 20 % au premier semestre 2016 par rapport au premier semestre 2015, et vingt et une fermes bio ont été créées chaque jour au cours des six premiers mois de 2016 [1].

Assurément, on n’est plus là dans le tâtonnement ou l’air du temps, mais dans une prise de conscience désormais bien ancrée. Poulets à la dioxine, bœufs aux hormones, saumons gavés de farines animales, porcs et lapins bourrés d’antibiotiques, arômes de synthèse et prégnance des OGM ont fini par lasser, voire repousser. Le productivisme alimentaire comme l’uniformisation des goûts et les travers de la grande distribution sont dénoncés. Certains consommateurs, de plus en plus nombreux, semblent ne plus accepter de se voir imposer les lois du marché. Mais deux semaines de sensibilisation autour des modes de production et de consommation ne suffiront sans doute pas à ébranler ces lois.

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