Conflit d’intérêts : c’est parti avec les vaccins

La première mesure de la ministre de la santé serait une aubaine pour le fabriquant majeur du secteur : Sanofi.

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En pleine macronmania du printemps, une ombre venait ternir la campagne du futur Président : le risque de conflits d’intérêts dans sa sphère. Confirmation à l’annonce de la composition de son gouvernement, sa ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, se retrouvant ministre de tutelle de son mari, en poste à l’Inserm. Quand elle était à la tête de la Haute Autorité de santé, cette professeure en médecine spécialisée en hématologie avait justifié les conflits d’intérêts entre médecins et laboratoires pharmaceutiques en expliquant que l’indépendance « pose la question » des compétences. Des voix se sont donc inquiétées de sa nomination, dont la députée européenne Michèle Rivasi (voir Politis.fr). Les craintes étaient justifiées : la première mesure de la ministre pourrait être le passage de la vaccination obligatoire de trois vaccins à onze.

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Le 16 juin, dans Le Parisien, elle a expliqué « réfléchir » à une telle décision en agitant le chiffon rouge des jeunes décédés à la suite d’une rougeole ou d’une méningite. Ce que la ministre n’a pas dit, c’est que la France serait le seul pays d’Europe sur cette ligne. Chez ses voisins, la recommandation avec explication semble plus efficace que l’obligation, qui provoque la méfiance. En outre, la France est déjà dans une situation d’obligation vaccinale de fait car une partie des vaccins obligatoires ne sont plus disponibles, ce qui contraint les parents de jeunes enfants, et donc l’assurance maladie, à se rabattre sur la forme hexavalente (six maladies). Surtout, Agnès Buzyn omet de dire que ce serait une aubaine pour le fabriquant majeur du secteur : Sanofi. Le vaccin principal, Infanrix, passant de 7 à 40 euros environ. À multiplier par le nombre de naissances annuelles, sans oublier les rappels…


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