Cultiver son jardin au pied des arbres à Paris, c’est possible !

La municipalité parisienne propose depuis l’an dernier des « permis de végétaliser », assortis d’une aide matérielle, aux habitants et associations souhaitant planter fleurs ou légumes dans l’espace public. Une opération déjà couronnée de succès.

Claude-Marie Vadrot  • 14 juin 2017
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Cultiver son jardin au pied des arbres à Paris, c’est possible !

En ce printemps, la capitale a vu fleurir un peu partout les conséquences des « permis de végétaliser » inventés par la municipalité : au pied des arbres de Paris, dans de grands bacs en bois, ou dans des jardinières suspendues aux lampadaires ou aux poteaux de signalisation, fleurs, légumes et autres minicultures urbaines se sont multipliés. Comme si elles exprimaient le besoin de nature et de culture en réaction au béton et au bitume. Avec des jardins de poche où les radis voisinent avec les choux, les œillets, les glaïeuls, les capucines ou les tomates.

Le « permis de végétaliser » s’obtient en demandant à la mairie une autorisation de cultiver sur le site Paris.fr. Il faut environ un mois pour obtenir un feu vert et un papier officiel, qui donne le droit à un kit de jardinage, à des graines, à des conseils et à un peu de terre à épandre au pied des arbres ; ou à un ou plusieurs grands bacs de plantation installés sur les trottoirs et dans lesquels il est possible de planter des arbustes. Autour des arbres, la mairie installe ensuite une protection légère en bois évitant que les passants, les motos ou les vélos piétinent les plantations.

© Politis

En général, ces jardiniers du bitume veillent jalousement sur leur culture, dont ils sont très fiers. Les particuliers, commerçants ou associations locales qui reçoivent le permis ont simplement quelques obligations : ne pas utiliser de pesticides, choisir des plantes ou légumes locaux et installer des espèces mellifères utiles aux abeilles, de plus en plus nombreuses dans la capitale grâce à l’interdiction du recours aux insecticides dans tous les parcs et jardins de Paris.

Déjà 2 000 minijardins

Lancée l’année dernière, l’opération a connu cette année un développement rapide puisque 2 000 initiatives ont été enregistrées et mises en œuvre. Dans 70 % des cas, elles sont dues à des particuliers. Les 30 % restant sont des associations ou des commerçants. Dans deux tiers des installations, légumes et de fleurs ont été plantés au pied des arbres. Dans 23 % d’autres cas, d’immenses jardinières ont été installées sur les trottoirs suffisamment larges pour que la circulation des piétons ne soit pas gênée. Enfin, des murs ont été végétalisés, pour 7 % des plantations.

Responsable et inventeur de cette opération, Pénélope Komités, adjointe à la maire de Paris, a constaté que la majorité des demandes et des réalisations se trouvent dans les arrondissements de l’est de la capitale, l’opération n’ayant à l’évidence pas passionné les quartiers les plus riches. Elle ajoute que si des vols, des arrachages et des destructions ont marqué les débuts de l’opération, « ces dégradations ont rapidement cessé comme si le respect de ce qui est agréable et beau avait rapidement pris le dessus. Pour nous c’est un succès qui améliore les relations et la convivialité dans de nombreuses rues de la capitale ».

D’autres villes de France, comme Bordeaux, Marseille, Lyon ou Lille, ont repris cette idée et demandé l’autorisation de reprendre le nom de l’opération. Celle-ci, comme dans la capitale, ne peut concerner que les espaces publics.

Écologie
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