Élections au Royaume-Uni : Theresa May peut-elle être battue ?

Dans le contexte des attentats terroristes, les sondages prédisent aujourd’hui que les tories risquent de perdre leur majorité absolue.

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La série d’attentats ne semble pas devoir s’arrêter. Sans omettre ceux qui ont frappé Kaboul, Bagdad et la communauté copte en Égypte, le Royaume-Uni a subi trois attaques meurtrières ces dernières semaines, avec un nouvel attentat dans la soirée du 3 juin, à Londres, qui a fait huit morts (dont un Français) et une cinquantaine de blessés. Alors que l’Angleterre est en pleine campagne électorale, les derniers sondages, dont certains annonçaient un raz de marée conservateur jeudi 8 juin lorsque, en avril dernier, la Première ministre conservatrice, Theresa May, a choisi cette date (cf. l’entretien avec Thierry Labica), prédisent aujourd’hui que les tories risquent de perdre leur majorité absolue.

Après les deux derniers attentats, les Conservateurs, avec leur slogan pour un gouvernement « fort et stable », ont bien tenté d’apparaître comme la force la plus à même de défendre le pays face au terrorisme de Daech. Mais Jeremy Corbyn a habilement contre-attaqué en rappelant que Theresa May, ministre de l’Intérieur du gouvernement Cameron entre 2010 et 2016, avait supprimé près de 20 000 postes de policiers. Un nouvel exemple, aux yeux de l’opinion, de la politique néolibérale des tories réduisant les services publics, alors que, contrairement aux années passées, la population semble maintenant sensible aux arguments des travaillistes en faveur d’une présence forte de l’État.

Au lendemain de l’attentat de samedi, Theresa May a prononcé un discours diversement apprécié, critiquant soudain le système britannique des communautés, « trop tolérant avec l’extrémisme islamiste ». Aux yeux de certains, c’était là tomber dans le piège de la division de la société britannique, traversée par toutes les religions et les origines. Une déclaration qui a été d’autant plus mal ressentie qu’elle entrait en résonance avec les attaques répétées de Donald Trump contre le maire d’origine pakistanaise de Londres, Sadiq Khan. À trois jours du scrutin, personne ne pouvait prévoir l’impact électoral des attentats de Manchester et de Londres.


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