La gauche n’a pas le nombre mais quelques grandes voix

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Ce n’est pas tant l’arithmétique qui sera décisive dans l’Assemblée issue de ces élections législatives que les voix qui sauront s’y faire entendre. Si l’on s’en tient aux chiffres, la majorité absolue acquise par La République en marche devrait permettre à Emmanuel Macron de faire passer sa politique sans entraves. Le président de la République n’aura pas même besoin des voix du MoDem. Et ce n’est pas la droite traditionnelle, divisée sur l’attitude à adopter, qui va le gêner.

Dans un rapport de force aussi déséquilibré, ce qui va compter ce sont les voix d’opposition qui sauront entrer en résonance avec la société. À l’extrême droite, on pense évidemment à Marine Le Pen. Mais, c’est surtout à gauche que les personnalités de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi de Clémentine Autain ou de François Ruffin, notamment, pourront faire entendre un discours d’opposition bien au-delà des murs de l’Assemblée pour soutenir le moment venu le mouvement social. En disposant d’un groupe indépendant, France insoumise a créé les conditions d’une opposition certes très minoritaire mais assurément audible.

On ne peut pas exclure non plus que l’immense vague « macronienne » réserve quelques surprises à l’usage, et se fissure dans l’adversité. Faute de devenir l’espace démocratique qu’elle n’a jamais vraiment été sous la Ve République, l’Assemblée peut au moins être une tribune pour une opposition sociale, face à la politique qui nous est annoncée. C’est ce qu’il faut espérer.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents