Macron et les Comoriens : la réponse embarrassée de Gérard Collomb

Interrogé à Marseille sur la très mauvaise blague du président de la République, le ministre de l’Intérieur nous a livré une réponse lunaire.

Erwan Manac'h  • 3 juin 2017
Partager :
Macron et les Comoriens : la réponse embarrassée de Gérard Collomb
© Photo : VALERY HACHE / AFP

Gérard Collomb était ce samedi à Marseille pour soutenir les candidats de la République en marche (REM). Il déambulait sur le Vieux-Port, de café en café, avec Corinne Versini, la candidate opposée à Patrick Mennucci et Jean-Luc Mélenchon, quand nous avons pu l’approcher pour lui demander ce qu’il pensait de la blague honteuse du chef de l’État sur les milliers de Comoriens venus chercher une vie meilleure à Mayotte – dont beaucoup meurent au cours de leur traversée. Diffusés dans l’émission « Quotidien », vendredi soir, les propos d’Emmanuel Macron ont été captés lors de sa visite au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage atlantique (CROSS) d’Etel (Morbihan), le 1er juin.

La réponse de Gérard Collomb est autant embarrassée (on y retrouve le désormais fameux tic de langage macronien « en même temps ») qu’elle est lunaire. Nous la livrons telle quelle :

« J’ai vu ces images et je comprends évidemment qu’il y ait des éléments d’inquiétude. En même temps, si vous voulez, je crois que le président Macron est quelqu’un qui veut à la fois maîtriser une immigration de la part des Comores sur Mayotte. La situation est assez compliquée. Mais en même temps il veut accueillir largement et insérer. Je sais que les Comoriens de France sont très insérés dans la communauté nationale. Il y en a beaucoup à Marseille, j’en ai aussi à Lyon, je les connais bien et c’est une communauté adorable.

Politis : Qu’est ce que vous avez pensé de ces images ?

Il arrive quelquefois, lorsqu’on est dans le feu de l’émotion, qu’on ne contrôle pas ses propos. Nous sommes dans une autre phase maintenant et ce qu’il fait depuis deux semaines montre qu’il est à la hauteur.

Cela peut vous coûter cher?

On en a vu d’autres depuis un an. »

Reprise sur les réseaux sociaux, la séquence de « Quotidien » suscite une vague d’indignation. Saïd Ahamada, candidat REM d’origine comorienne à Marseille (7e circonscription) compte monter à Paris lundi pour avoir des explications du Président. Il « prendra sa décision » à l’issue de cette discussion qu’il espère franche.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« La légitimité d’une candidature ne peut reposer uniquement sur des sondages ou une affirmation personnelle »
Entretien 4 mai 2026 abonné·es

« La légitimité d’une candidature ne peut reposer uniquement sur des sondages ou une affirmation personnelle »

Lucie Castets, maire du 12e arrondissement de Paris, réaffirme son engagement en faveur d’une primaire de la gauche et des écologistes pour 2027. L’ex-candidate du NFP à Matignon appelle à un rassemblement mardi 5 mai à Paris pour les 90 ans du Front Populaire et relancer la dynamique unitaire de la gauche.
Par Alix Garcia
Comment l’Europe finance des fondations fascistes
Enquête 30 avril 2026 abonné·es

Comment l’Europe finance des fondations fascistes

La Sovereignty Foundation, qui dépend du groupe politique européen auquel sont affiliés Reconquête ! ou l’AFD, a reçu une subvention de 1,1 million d’euros alors que ses membres enfreignent régulièrement les valeurs d’égalité et de respect inscrites au règlement de l’Union européenne.
Par Hugo Boursier
« Nouvelle France » : Jean-Luc Mélenchon tisse son imaginaire pour 2027
Décryptage 29 avril 2026 abonné·es

« Nouvelle France » : Jean-Luc Mélenchon tisse son imaginaire pour 2027

Derrière le mot d’ordre de « nouvelle France », à la fois panorama social et slogan politique, le triple candidat à la présidentielle pourrait avoir trouvé un récit capable de mobiliser les classes populaires. Tout en installant une confrontation avec l’extrême droite.
Par Lucas Sarafian
« Il n’y a pas de “nouvelle France” : il y a la France et toutes ses composantes »
Entretien 29 avril 2026

« Il n’y a pas de “nouvelle France” : il y a la France et toutes ses composantes »

Demba Traoré, le nouveau maire du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, revient sur les conditions de sa victoire et la portée politique de la liste citoyenne qu’il a conduite.
Par Hugo Boursier