PCF : Derrière la volonté de « renouvellement », la crise

Sur fond d’échec électoral, la ligne stratégique de Pierre Laurent est plus contestée que jamais.

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On reprend tout à zéro. C’est ce qu’a annoncé, en substance, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF après le conseil national des 23 et 24 juin. Cibler les quartiers populaires, s’adresser aux abstentionnistes, lancer une consultation en septembre, et pourquoi pas même, changer de nom… Des recettes au goût de déjà-vu qui cachent une crise virulente. Sur fond d’échec électoral – le PCF a perdu plus de la moitié de ses électeurs, passant de 1,3 million aux législatives de 2012 à moins de 700 000 cinq ans plus tard –, la ligne stratégique de Pierre Laurent est plus contestée que jamais. « Nous n’avons pas réussi à empêcher l’arrivée de l’extrême droite au second tour, ni à créer une union large à gauche », a-t-il déploré, admettant que le PCF n’avait pas été « très lisible » sur la période.

Après l’ambigu « soutien sans ralliement » à Jean-Luc Mélenchon, le PCF, qui a distribué son propre programme pendant toute la campagne, n’a pas réussi à recoller les morceaux avec la France insoumise (FI) pour les législatives. Résultat, des candidatures concurrentes quasiment partout, et un PCF affaibli, qui doit l’élection de ses 11 députés, en grande partie, à la mansuétude de la FI qui, face à la moitié d’entre eux, ne présentait pas de candidats.

Au conseil national, « l’ambiance était lunaire, témoigne Frédérick Genevée, partisan d’un « dépassement » du parti pour réinventer une force de gauche. Certains ont dit que “ceux qui ne croient plus au PCF n’ont qu’à le quitter”, je n’avais pas entendu ça depuis vingt ans ! ». Certains demandent même la démission de Pierre Laurent. La direction a annoncé un congrès extraordinaire en 2018. « Si la question de ma présence à la tête du parti doit être discutée, elle le sera, affirme Pierre Laurent. Tous les débats auront lieu sans tabou. »


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