Rwanda : ouvrir les archives, toutes les archives !

La revue XXI et Le Monde révèlent des témoignages affirmant que les autorités françaises auraient réarmé les génocidaires rwandais pendant leur fuite.

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Les autorités françaises ont-elles sciemment réarmé les responsables du génocide rwandais alors que ceux-ci fuyaient vers le Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo) ? La revue XXI l’affirme dans son numéro du 28 juin en s’appuyant sur le témoignage anonyme d’un haut fonctionnaire qui a pu consulter des archives déclassifiées en avril 2015 sur décision de François Hollande. Le témoignage est corroboré par un ancien officier cité par Le Monde.

Celui-ci, Guillaume Ancel, présent au Rwanda dans le cadre de l’opération « Turquoise », affirme avoir vu « la réalisation d’une de ces livraisons dans la deuxième quinzaine de juillet (1994) ». Il se souvient : « Alors que je revenais d’une mission d’exfiltration qui s’était mal passée, le commandant adjoint de “Turquoise” sur la base de Cyangugu m’a demandé de retenir l’attention de journalistes pour laisser passer un convoi d’armes vers le Zaïre. » 

« Il y avait une dizaine de camions chargés de containers, poursuit l’ancien militaire. Le soir, lors du debriefing, on m’a expliqué que nous livrions des armes pour que les génocidaires ne se retournent pas contre nous. J’étais effaré que nous fassions cela alors que nous les avions en partie désarmés et que nous savions qu’ils avaient du sang jusqu’au cou. » Selon la revue XXI, l’ordre de réarmement a provoqué l’indignation des officiers français, certains demandant à pouvoir exercer leur droit de retrait. La directive aurait finalement été confirmée et signée par Hubert Védrine, alors secrétaire général de l’Élysée. Cette livraison serait intervenue en violation de l’embargo sur les armes décrété par l’Onu.


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