Sur France 3-Paca, Mennucci et Mélenchon s’affrontent en douceur

Dans cet unique débat télévisé d’avant le premier tour des législatives, le député socialiste sortant l’a joué « terrain » quand l’Insoumis a voulu rester sur un débat national.

Pauline Graulle  • 7 juin 2017
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Sur France 3-Paca, Mennucci et Mélenchon s’affrontent en douceur
© photo : KENZO TRIBOUILLARD, PATRICK KOVARIK / AFP

Un débat « exclusif » qui « risque d’être musclé », avait promis le présentateur pour nous mettre l’eau à la bouche. Il parlait évidemment du « choc des titans » qui s’annonçait, ce mercredi, entre l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon et le socialiste Patrick Mennucci. Deux grandes gueules, deux anciens alliés au PS, deux (désormais) adversaires sur la 4e circonscription de Marseille, ça promettait d’être sanglant…

Mais de passe d’arme spectaculaire, il n’y eut guère entre les deux hommes. Sur le plateau de France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur, ils sont même apparus plutôt sur la même longueur d’onde face aux trois candidates de droite : Jeanne Marti (FN), Solange Biaggi (Les Républicains), et Corinne Versini, de La République en Marche. En vérité, c’est elle la véritable adversaire. La « candidate du Medef », comme la surnomme Mennucci, défend la « libéralisation (sic) de l’emploi » par ordonnances et la constitutionnalisation de l’état d’urgence. Portée par la vague macroniste, elle pourrait, selon les sondages, arriver en deuxième position, devant Mennucci, et derrière Mélenchon, le grand favori du premier tour, dimanche prochain.

« Touriste »

Ce débat télévisé, qu’on imagine très regardé par les Marseillais, aura-t-il changé la donne ? Face au très pagnolesque Mennucci, le « parachuté » Mélenchon est apparu un rien policé, presque pâlichon. Un peu « parisien », pour le dire clairement. Ce que n’a pas manqué de rappeler Patrick Mennucci qui a fait vibrer tant qu’il a pu la corde identitaire : « Quand on vient dans un endroit, il faut avoir quelques mots d’amour, de compréhension [et ne pas se comporter] en touriste », a-t-il lancé en introduction, estimant que ce qui le séparait de Mélenchon était d’abord son « non-choix entre Macron et les fascistes » dans l’entre-deux-tours de la présidentielle, et ensuite sa « conception du rôle de parlementaire », selon lui trop déconnectée du terrain. « J’ai dit “à bas Marine Le Pen”, pas “vive Macron” », s’est défendu l’Insoumis né à Tanger, qui a aussi rappelé qu’il était « partout chez [lui] depuis 1962, [année] où [il avait] posé le pied sur la terre de France à Marseille ».

Rythmes scolaires, sécurité, et emploi. Mennucci – et les autres – n’ont eu de cesse de tenter de ramener les trois thèmes du débat à des enjeux locaux. Avec plus ou moins de succès pour Corine Versini, l’autre « parachutée » venue d’Aix-en-Provence : « Vous ne savez même pas où c’est la rue Sainte [où le député sortant habite, NDLR] », lui a lancé Mennucci.

Habilement, le socialiste a pris appui sur la réforme des rythmes scolaires – dont la mise en place a été une catastrophe dans la cité phocéenne – ou sur les problèmes de transports empêchant par exemple les salariés d’Aubagne d’aller travailler à Fos-sur-mer, pour renvoyer Mélenchon dans ses cordes et montrer qu’« il y a des particularités ici ». « C’est pas les municipales bon sang de bois ! », a laissé échapper à un moment Mélenchon, qui a répété ses propositions sur l’économie de la mer, comme s’il était toujours candidat à la présidentielle. Pas facile de quitter un costume que l’on a tant aimé.

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