Trump : pas d’impeachment en vue pour l’instant

Auditionné par les sénateurs états-uniens, James Comey, l’ex-patron du FBI limogé par Trump, n’a pas accusé ce dernier de lui avoir demandé de stopper l’enquête sur les ingérences russes. Sans néanmoins ménager le Président.

Olivier Doubre  • 8 juin 2017
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Trump : pas d’impeachment en vue pour l’instant
© photo : Brendan Smialowski / AFP

James Comey est resté prudent. Les mots sont soigneusement choisis, pesés. L’ex-directeur du FBI, déposant sous serment, n’aura pas franchi le Rubicon en allant jusqu’à accuser Donald Trump de lui avoir demandé expressément d’arrêter « l’enquête russe », comme on désigne outre-Atlantique les investigations sur les cyberingérences de Moscou durant la campagne présidentielle de 2016. Même si, selon l’ancien premier flic fédéral des États-Unis, « les demandes du Président à propos de cette enquête étaient très dérangeantes », et l’existence des attaques russes « absolument certaine, au moins à partir de l’été 2015 ».

Les soupçons d’entrave à l’enquête du FBI, et donc à l’action de la justice américaine, envers l’atypique locataire de la Maison Blanche, n’ont donc pas été confirmés par James Comey devant la commission sénatoriale, mettant ainsi un frein à la possibilité pour les congressmen de Washington de déclencher une procédure d’impeachment (mise en accusation) à l’encontre du Président, première étape vers une possible destitution. À moins que l’ex-patron du FBI n’aille plus loin encore dans ses déclarations au cours de la partie à huis clos de son audition.

« Il a menti et a diffamé le FBI et moi-même »

Néanmoins, James Comey n’a pas ménagé Donald Trump, le fonctionnaire ayant visiblement été choqué par les méthodes du Président – et préoccupé par le fait que ce dernier puisse le piéger. C’est d’ailleurs la principale accusation que Comey a portée contre Donald Trump : « Il a menti et a diffamé le FBI et moi-même », en faisant clairement pression sur lui pour qu’il ne pousse pas plus loin les enquêtes sur les ingérences russes ou sur le rôle exact du général Flynn, conseiller spécial à la sécurité de la Maison Blanche, très certainement lié à « l’affaire russe ».

Le Président a ainsi invité à dîner en tête-à-tête James Comey, pratique pour le moins inhabituelle, ou demandait expressément aux autres personnes présentes dans son bureau de sortir avant de s’entretenir avec lui. Cette volonté d’éviter les témoins a même tellement « inquiété » James Comey qu’après ces face-à-face, celui-ci s’empressait de prendre des notes, pour pouvoir se souvenir des conversations et, mieux, se prémunir d’éventuels « mensonges » du président. Ambiance.

Monde
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