À Avignon, le calme entre deux tempêtes

L’ouverture du festival « in » offre une parenthèse onirique pour mieux penser l’époque. Avec ses réussites et ses déceptions.

Antigone ne connaît pas les frontières. Après avoir inspiré plusieurs metteurs en scène du Moyen-Orient au lendemain des révolutions arabes, la révoltée mythique s’est installée dans la Cour d’honneur du Palais des papes dans une version japonaise. Celle de Satoshi Miyagi, déjà connu au Festival d’Avignon pour son adaptation du Mahâbhârata en 2014.

C’est donc sous le signe du dialogue des cultures que s’est ouverte la 71e édition du Festival. Et sous l’angle du rêve et de l’harmonie, rarement associés chez nous au texte de Sophocle. Une parenthèse de paix nécessaire pour penser la violence de l’époque. Et pour recevoir les spectacles avignonnais qui s’en font l’écho.

Sur un miroir d’eau dont les reflets dansent sur la façade du Palais des papes, une vingtaine d’hommes et de femmes vêtus de blanc semblent glisser. Comme dans le théâtre nô, une des traditions théâtrales dont s’inspire Miyagi. Un court prologue en français surprend par sa tonalité burlesque. Pendant cinq minutes, les comédiens font un effort de langage pour résumer la mort d’Étéocle et Polynice, l’injustice de Créon et la résistance d’Antigone, avant de s’effacer devant un passeur qui, sur son fin radeau, apporte lentement aux acteurs les accessoires dont ils auront besoin pour la représentation. Soit quelques perruques et autant de bâtons.

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