La fuite, motif héroïque

Aventuriers ou cow-boys chancelants, le thème de l’errance pédestre traverse tout le cinéma et la littérature.

Ingrid Merckx  • 26 juillet 2017 abonné·es
La fuite, motif héroïque
photo : « La Route », réalisé par John Hillcoat et sorti en 2009, adapté du roman de Cormac McCarthy.
© Archives du 7eme Art/Photo12/AFP

L’homme avance péniblement. Ses bottes frappent le sable. L’arrachent, même. Le soleil cuit. Des virevoltants (tumbleweed, « herbe qui tourne ») passent devant une caméra à hauteur du sol, à hauteur des pieds. Il pose un genou. Une main. Soif. Douleur. Fatigue. Puis il repousse la terre. Remonte. Rester debout pour ne pas tomber. Rester debout pour continuer à avancer. Se déplacer pour ne pas mourir, loin de tout et de tous, dévoré par les fourmis rouges et les vautours… Puis s’effondrer finalement sur ce coin de sable où une main providentielle pressera bientôt quelques gouttes salvatrices dans une gorge desséchée par l’air, les efforts, l’angoisse, et probablement un peu de sang mêlé de poussière. Le cow-boy à l’agonie qui poursuit sa route sans son cheval, chancelant, est une figure presque

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Littérature
Temps de lecture : 4 minutes