Une fronde insoumise contre Macron et son Congrès

Les députés de la France insoumise, après avoir boycotté le Congrès de Versailles, se sont exprimés devant une petite foule de sympathisants place de la République, à Paris. Jean-Luc Mélenchon  en a profité pour mobiliser contre l'état d'urgence et la loi travail 2.

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L es uns à Versailles, les autres place de la République : chacun dans son monde » : sous un soleil rayonnant, place de la République à Paris, un peu après 18 heures ce lundi, Jean-Luc Mélenchon a donné le ton devant les quelques milliers de personnes venues l'écouter, lui et les 16 autres députés insoumis. Tous ont refusé d'assister au discours d'Emmanuel Macron devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles un peu plus tôt dans la journée, dénonçant une « dérive monarchique ».

« L'ordre républicain aurait voulu que d'abord le Premier ministre parle, que l'Assemblée nationale vote, puis s'il le voulait absolument que le chef de l’État fasse connaître sa vision d'ensemble », a expliqué le député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, en bon pédagogue, dénonçant le « premier coup de force » du quinquennat de la part du président Macron.

Dans la foule, on abonde : « Macron s'exprime sans raison au Congrès, c'est le roi qui parle à ses sujets. Comme si le Premier ministre n'existait pas », s'indigne Gauthier Boucny, un étudiant de 22 ans. « On est là pour montrer qu'on accepte pas l'élite à Versailles », s'agace quant à elle Lara, sympathisante de 25 ans.

Une « élite » à Versailles face à des insoumis place de la République, telle était l'opposition que les députés souhaitaient dénoncer : « Nous, nous sommes le tiers-états, et nous sommes à l'Assemblée nationale ! », argue le député Mélenchon, dans un discours nourri de culture révolutionnaire, qui l'amène aussi à dénoncer, à la suite de la députée de Paris Danièle Obono, les atteintes aux libertés et notamment l'inscription de l'état d'urgence dans le droit commun.

« Rendez-vous dans la rue le 12 juillet »

Mais selon le leader de la France insoumise, il y aurait un « deuxième coup de force » à venir : les ordonnances. « Nous sommes convoqués en session extraordinaire pour abroger le code du travail », précise t-il.

C'est pourquoi le rassemblement avait aussi pour ambition de « préparer l'été », comme l'explique de son côté le jeune député du Nord Adrien Quatennens pendant son discours. « Il y a un texte à protéger », souligne t-il, brandissant alors le code du travail en direction d'une foule dont les cris de « Résistance ! » auront rythmé cette fin de journée.

« Je pense que c'est important d'être ici. Le mouvement décline un peu, il aurait besoin d'un coup de pouce », constate, l'air un brin déçue, la sympathisante Marie-Paul, enseignante-chercheuse. « Ce n'est pas évident de mobiliser pendant cette période. Les gens sont un peu cassés suites à ces intenses élections », justifie t-elle. Le leader de la France insoumise tente en effet de raviver la flamme insoumise : « Tâchez de venir dix fois plus nombreux que ça dans la rue le 12 juillet », s'exclame ainsi Jean-Luc Mélenchon avant de clôturer son discours.

Le 12 juillet, c'est en effet le vote du projet de loi d'habilitation à réformer le Code de travail, souhaité par Macron. Dans l'assistance, la détermination est là, comme chez Gauthier Boucny, qui s'exclame : « Il faut montrer qu'il y aura une force politique face à Macron. Le 12 juillet, il faudra être vraiment plus nombreux dans la rue. C'est là que ça se jouera aussi ».


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