Contrats aidés : encore des économies sur les plus pauvres !

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Brutale, la décision a été prise au milieu de l’été. Les associations de solidarité et les services publics découvrent ainsi que la rentrée va être particulièrement difficile. Non content de réduire d’un trait de plume le nombre de contrats aidés de 459 000 à 320 000 pour 2017, le ministère du Travail a aussi annoncé leur diminution encore plus drastique en 2018. 

Auxiliaires de vie scolaire, aides à la direction des écoles (soulageant les enseignants-directeurs dans les communes rurales de nombre de tâches administratives), aides à domiciles… sont quelques-unes des activités qui seront les plus touchées par cette mesure. 

Écoles, collectivités locales et associations ne peuvent ainsi, en ce début septembre, renouveler des contrats qui se sont généralement terminés cet été, les plongeant ainsi dans une incertitude quant à la poursuite de nombreuses activités. Certaines écoles en milieu rural pensent même à reculer la date de la rentrée, ces personnels manquants les mettant en grande difficulté, à l’instar des aides accompagnant des élèves en situation de handicap.

Surtout, les associations de solidarité et les entreprises de l’économie sociale et solidaire s’insurgent contre une mesure qui va les contraindre à renoncer à certaines de leurs missions et qui frappe en premier lieu les personnes bénéficiaires de ces contrats aidés : le plus souvent des jeunes peu qualifiés ou des chômeurs de longue durée. 

En 2015, une étude de la Dares (ministère du Travail) montrait ainsi que 86 % des attributaires de ces contrats n’avaient eu aucune autre proposition d’emploi que ce contrat aidé, que 54 % étaient des femmes et 62 % faisaient partie des personnes les moins qualifiées sur le marché. Cette disposition, destinée à réduire les dépenses publiques selon le gouvernement, va donc frapper les plus pauvres et les services publics ou les associations en charge des plus fragiles. En somme, une mesure très… « macronienne ».


Haut de page

Voir aussi

La bataille de l’information

Éditorial accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents