Droit à l'IVG menacé : mobilisations partout en Europe jeudi

Des manifestations ont lieu aujourd'hui pour défendre l'accès de toutes les femmes à l'avortement, quand il est encore interdit dans certains pays européens et en danger dans d'autres.

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C’est aujourd’hui, comme chaque 28 septembre, la Journée mondiale pour le droit à l'avortement. Une mobilisation indispensable alors que ce droit fondamental est loin d’être garanti partout dans le monde, ni même en Europe, et qu’il tend à reculer y compris en France. À Paris, un rassemblement aura lieu à 18h30 place de la République. D'autres sont prévus dans 25 villes françaises (Amiens, Le Havre, Lille, Marseille, Orléans, Strasbourg...) et dans une quinzaine de villes européennes.

Un collectif d'associations pour les droits des femmes appelle à des actions et à la signature d'une pétition, qui sera remise au Parlement européen à l'issue d'une manifestation à Bruxelles. « Il faut exiger que nos gouvernements nationaux, le Parlement européen et le Conseil de l'Europe garantissent le droit fondamental pour les femmes à disposer de leurs corps, à vivre librement leur sexualité, à décider ou non d'avoir un enfant », revendique-t-il, se disant « solidaire des femmes qui en sont empêchées ».

Car si la plupart des pays européens autorisent l'avortement, il est encore interdit à Malte – avec une sanction pouvant aller jusqu’à trois ans de prison – et très restrictif en Irlande – où un référendum sur la question aura lieu en mai ou juin 2018 –, à Chypre et en Pologne. L'an passé, les conservateurs au pouvoir dans ce dernier pays ont tenté de le restreindre davantage mais ont finalement renoncé sous la pression de manifestations. En 2014, le gouvernement espagnol conservateur de Mariano Rajoy avait également tenté de limiter ce droit avant de devoir reculer. L’année suivante, il avait en revanche réussi à faire passer une limitation de l’IVG pour les mineures.

En France, des freins à l'accès

« La question de l'avortement est de la compétence de chaque État, c'est pour cela qu'il faudrait un texte de référence au niveau européen », a précisé lors d'une conférence de presse Nelly Martin, de la Marche mondiale des femmes. « En France aussi, il y a des freins d'accès », a souligné Caroline Rebhi, coprésidente du Planning familial, prenant l'exemple « de mineures à qui l'on refuse une IVG si elles ne sont pas accompagnées d'un parent » ou de « centres d'échographie et de laboratoires qui ne permettent pas de bénéficier du forfait IVG remboursé à 100 % » comme la loi le permet. Pour Nora Tenenbaum, de la Coordination des associations pour le droit à l'avortement et la contraception, « il y a la loi et l'application de la loi ». « Au niveau européen, la France est un pays avancé mais il faut ensuite donner les moyens d'appliquer les lois », a-t-elle déclaré, précisant que près de 130 centres pratiquant des IVG ont été fermés entre 2000 et 2011.

Quelque 212 000 avortements ont été réalisés en 2016 en France. Près d'une femme sur trois y a recours au cours de sa vie, selon une étude de l'Ined parue en 2015. Dans le monde, on dénombre 55,7 millions d’avortement chaque année, dont 25,5 millions ne se font pas « dans des conditions de sécurité suffisantes », selon une étude de l’Organisation mondiale de la santé publiée aujourd’hui. Preuve que la défense du droit à l’avortement est plus que jamais nécessaire.


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