Europe : les contradictions de Macron

Accompagné du ministre de l’Économie Bruno Le Maire et de 40 chefs d’entreprise, le Président a annoncé vouloir « refonder » l’Europe.

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La force du symbole. Emmanuel Macron a profité de sa visite en Grèce pour livrer un discours résolument optimiste sur l’avenir de l’Europe et sa nécessaire « refondation démocratique » sur la colline du Pnyx, berceau de la démocratie athénienne.

« C’est ici que fut inventée la forme moderne de l’État, ici que cette cité d’Athènes construisit patiemment, par la souveraineté du peuple, la souveraineté de son destin », a-t-il déclaré avant d’interroger : « Qu’avons-nous fait, nous, Européens, de notre souveraineté ? […] Qu’avons-nous fait de la démocratie ? Nous faisons-nous encore confiance ? […] En Europe, aujourd’hui, la souveraineté, la démocratie et la confiance sont en danger ! » Les Grecs, qui ont vu leurs droits sociaux piétinés par la troïka sous le regard bienveillant des gouvernements européens, apprécieront.

Parmi les réformes que proposera le Président français pour soutenir « cette ambition folle de vouloir une Europe plus forte », figurent un budget et un ministre des Finances de la zone euro, et un Parlement de cette zone. Emmanuel Macron souhaite en outre engager une vaste consultation des peuples européens durant le premier semestre 2018. Les contours de ce « débat délibératif » restent encore vagues, mais il prévoit de le présenter à ses partenaires européens « dans les prochaines semaines », après les élections législatives allemandes du 24 septembre. Alors que les réformes successives imposées à la Grèce par le FMI – que M. Macron a étonnamment pris à partie – ont surtout profité au secteur privé et aux entreprises allemandes, le locataire de l’Élysée entend également prendre sa part du gâteau. En effet, cette visite de deux jours prévoit des discussions sur les investissements en Grèce, notamment dans le secteur des transports et des nouvelles technologies. Dans la start-up nation, on n’oublie jamais de faire du business.

On notera tout de même les contradictions abyssales entre ce discours irénique et la politique menée par Emmanuel Macron en France. Rappelons que la « loi travail 2 » prévoit d’autoriser les licenciements économiques dans les succursales ou filiales françaises en difficulté de groupes étrangers, y compris européens, qui font des bénéfices. Ni plus ni moins un encouragement au dumping social qui mine l’Europe.


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