Face au Ceta, la gauche demande un référendum

Les trois groupes parlementaires de gauche demandent d’une seule et même voix un référendum d’initiative partagée sur l’accord de libre-échange Ceta, qui s’appliquera dès jeudi 21 septembre.

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L’opposition politique contre le Ceta s’organise. Alors que l’accord provisoire de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne s’apprête à rentrer en vigueur sur le territoire français, les trois groupes parlementaires de gauche sont montés au créneau, ce mardi, pour dénoncer un accord jugé « menaçant pour notre modèle social ». D’une seule et même voix, les groupes France insoumise (FI), Nouvelle Gauche (NG) et Gauche démocrate et républicaine (GDR) ont confirmé leur intention d’organiser un référendum d’initiative partagée, de sorte à remettre entre les mains des citoyens français la décision de ratifier, ou non, les différentes mesures du Ceta.

Après s’être réunis l’espace d’une petite heure devant le palais Bourbon, place du président Édouard-Herriot, avec plusieurs associations dont Attac, les opposants au Ceta ont tenu une conférence de presse commune à l’Assemblée pour préciser leur démarche. Parmi les acteurs présents dans la salle : Clémentine Autain (France insoumise), Jean-Paul Lecoq (Gauche démocrate et républicaine), et Marietta Karamanli (Nouvelle Gauche) ainsi que plusieurs militants de l’association Attac.

Avant que les acteurs politiques ne prennent la parole, tour à tour, différents membres de l’association ainsi que l’économiste Henri Sterdyniak ont rappeler les sérieux risques écologiques et sanitaires liés à l’application du Ceta, nouveau rapport d’expertise à l’appui.

Et puis vient au tour des acteurs politiques de se saisir du dossier. Première à s’exprimer, la députée de la France insoumise Clémentine Autain dresse un premier constat : « Nous sommes face à un déni de la démocratie littéralement scandaleux. Je rappelle qu’une commission d’experts a émis de sérieuses réserves sur les dangers notamment climatiques du Ceta. Le gouvernement a préféré les ignorer », explique-t-elle, avant que ses collègues députés fassent de même.

Ces derniers affirment ainsi vouloir mener un combat sans merci aux cotés des dizaines d’associations opposées au Ceta. Et pour ce faire, ils assurent être prêts à convaincre les 185 députés et 4,5 millions de citoyens nécessaires pour qu’un référendum soit organisé. « Ça concerne les français, c’est de leur quotidien qu'il s’agit. Or à chaque fois qu’ils ont été amenés à se prononcer sur ce type de question, ils ont dit non », ajoute Clémentine Autain.

« On sait que ce ne sera pas facile d’obtenir ces signatures, mais il n’y a que ceux qui ne se battent pas qui ne sont pas en mesure de gagner », précise Jean-Paul Lecoq. « Il n’y a pas que les députés de gauche qui sont sceptiques devant cet accord. À droite aussi, même si ce n’est pas pour les mêmes raison, certains députés pourraient nous rejoindre », complète Clémentine Autain.

Mais avant de commencer les pourparlers avec certains députés de droite, Marietta Karamanli compte bien sur l’Assemblée nationale et son président François de Rugy, ancien membre du parti Europe Écologie Les Verts, pour manifester son désaccord. « Ne sous-estimez pas la pression que peut exercer l’Assemblée nationale, et ce notamment via son président, pour suspendre immédiatement l’application du Ceta. Rappelons qu’il n’a pas encore été ratifié », prévient la députée.

Reste que jusqu’ici, les différents avis exprimés en commission parlementaire, si alarmants soient-ils, sont loin d’avoir fait vaciller les intentions libérales du gouvernement. Tant pis pour l’écologie.

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