Jean-Christophe Attias : Une roborative « mauvaise foi »

Jean-Christophe Attias nous raconte comment on devient un juif orthodoxe et surtout comment on cesse de l’être.

Il existe deux sortes d’autobiographies : celles qui ne s’élèvent guère au-dessus de l’anecdote et celles qui nous parlent de nous et de notre temps. On ne doute pas, dès les premières pages, que le livre de Jean-Christophe Attias appartiendra à la seconde catégorie. Le général jaillit pourtant d’un parcours on ne peut plus singulier. Ce Charentais, fils d’un père juif qui tenait la religion à bonne distance et d’une mère catholique qui l’avait fait baptiser, n’était en rien prédestiné à devenir, vers sa vingtième année, un juif orthodoxe. La soudaine ardeur religieuse dont il fut saisi pourrait évoquer d’autres tourments d’adolescence d’une cruelle actualité. Sans moralisme, Attias nous invite à réfléchir à cette piégeuse quête identitaire. Mais toute comparaison s’arrête là, car le jeune homme ne s’est jamais connu de maître à penser. Et il n’a jamais cessé de laisser vivre en lui une discrète contradiction : il priait chaque shabbat « avec plus d’expertise et de conviction », mais « se délectait », en semaine, de la lecture de Spinoza. « J’avais, dit-il, la kippa sur le crâne, oui, mais toujours ma petite pensée de derrière la tête. »

Il reste 60% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents