Le plan logement suscite inquiétudes et colère

Le plan « Le logement d'abord » rendu public le 20 septembre par le gouvernement s'apparente à un programme d'économies sur les mal-logés dénoncent un certain nombre d'organisations qui appellent à manifester.

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I nquiétudes majeures », pour la Fondation Abbé-Pierre. « Coups bas sur le logement social », pour la Seine-Saint-Denis. « Attaque historique », pour le collectif Droit au logement. Le plan logement rendu public hier par le gouvernement suscite une véritable levée de boucliers. Le département de Seine-Saint-Denis dénonce :

Le modèle du logement social est sacrifié, plaçant les bailleurs dans une équation financière impossible, les empêchant de rénover et de construire de nouveaux logements, d'entretenir leur parc et de mettre en œuvre les programmes de renouvellement urbain. Ce sont les conditions d'habitation des locataires du logement social qui sont sacrifiés par ce gouvernement.

Le maintien des dispositifs d'exonération fiscale de type “Pinel” ou encore l'arrivée d'une nouvelle exonération sur le foncier démontrent clairement que le gouvernement entend faire payer au logement social l'attractivité des offres et les bénéfices des promoteurs. Les étudiants et les plus précaires vont être placés dans une situation d'insécurité dans l'accès au logement avec l'arrivée du bail mobilité de un à dix mois, au bénéfice des propriétaires qui pourront louer sur Airbnb l'été leur logement.

Pour le collectif Droit au logement (DAL), « les temps à venir s'annoncent difficiles, particulièrement pour les locataires modestes qui touchent l'APL ou/et qui vivent en logement social, mais aussi pour les jeunes dans le parc privé ». Et de citer la baisse confirmée de 5 euros par allocataire des APL, et la baisse pour les bailleurs de 50 à 60 euros par locataire de logement social, mais aussi la vente de 40 000 logements sociaux, l’instauration d’un bail mobilité qui devrait profiter d’avantage aux bailleurs privés qu’aux jeunes potentiellement concernés. Enfin, le « choc de l’offre » est dénoncé comme un « conte de fées » par le collectif :

Cette théorie fumeuse laisse entendre que les loyers et les prix de l’immobilier baisseront “spontanément”, lorsque l’offre deviendra pléthorique. Or on observe que les prix baissent en cas d’encadrement des loyers ou de crise immobilière lorsque les prix sont trop élevés. Dans ce cas, comme lors de la crise de 1991 en France, de la crise des subprimes en 2007 ou de la crise des hypothèques en Espagne, le marché s’effondre après une surchauffe des prix et de la production, nourrie par l’appât de profits juteux et rapides. Cette théorie sert surtout à justifier la spéculation et la construction frénétique de logements de rapport dans les quartiers et les villes populaires.

Le DAL appelle à manifester dans toutes les villes le 14 octobre pour défendre le logement.

La Fondation Abbé-Pierre se réjouit de trouver des « objectifs positifs » dans ce plan : « priorité au logement d’abord, faire baisser les prix, libérer les terrains constructibles, accroitre la production de logements, notamment étudiants, rénover les logements énergivores, renforcer la rénovation urbaine. »

Mais, comme le craignait Christophe Robert, délégué général de la FAP dans un entretien donné à Politis le 15 septembre, ces mesures risquent de ne jamais voir le jour faute de budgets dans le projet de loi de finance 2018 :

Baisse de 5 euros des APL par mois et par ménage (400 millions d’euros en moins chaque année) et baisse de 50 à 60 euros de APL dans le parc social, soit 1,4 milliard d’euros que les bailleurs sociaux auront à compenser par des baisses de loyer. Une telle ponction , inédite par son ampleur, consisterait à baisser le budget du ministère du logement de 10 %, à un moment où la crise qui touche le secteur bat son plein.

Une manifestation « Vive l’APL » se tenait ce matin, le 21 septembre, à la Défense à l’occasion du passage devant le Conseil national de l’habitat de la mesure de baisse de 5 euros de ces aides indispensables aux plus modestes.


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