Dossier : Le populisme peut-il sauver la gauche ?

Pablo Iglesias : la caresse et la claque

Le leader de Podemos, en Espagne, a cassé les codes de la communication politique et imprime un style populiste entre séduction et impertinence, différent de celui de Jean-Luc Mélenchon.

Pablo Iglesias, c’est d’abord une queue-de-cheval. Cet élément esthétique semble négligeable ? Il ne l’est pas : lors des élections européennes de 2014, le parti avait fait imprimer des bulletins ornés du plus célèbre attribut capillaire d’Espagne. Tout un programme ! Il faut dire que la construction médiatique du personnage Iglesias, qui a fait une irruption remarquée sur les plateaux de télévision lors de la genèse de Podemos, avant 2014, est une pièce fondamentale du puzzle imaginé, théorisé et mis en pratique par les fondateurs du parti anti-austérité espagnol. « Pour nous, c’était une question cruciale : nous étions parvenus à la conclusion que les médias, en particulier les talk-shows politiques, étaient un instrument essentiel pour générer un imaginaire. Nous avons compris que notre manière de nous exprimer à l’université, lors de séminaires par exemple, était très éloignée des techniques habituellement utilisées pour former une opinion », explique Pablo Iglesias lors d’un entretien dans la presse espagnole. S’il se montre féroce sur les plateaux de télévision face aux postures dépassées de ses adversaires, le leader de Podemos va également se forger une image de « gendre idéal » dans un pays marqué par la porosité entre les sphères publique et privée. Parsemant ses interviews de détails sur sa vie privée, il instaure un rapport de proximité comme nul autre homme politique. Entre deux références au groupe de rap Los Chikos del Maiz et à sa chienne Lola, qui le « remplit de joie quand il rentre à la maison », Iglesias, épris de pop culture, dévoile des facettes insoupçonnées de sa personnalité. Comme lorsqu’il déclare être « sensible à la beauté masculine, aux hommes qui savent s’habiller », dans un magazine féminin où il est photographié les cheveux détachés, tel un sex-symbol.

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