Pierre-Alain Mannoni : Un humaniste au tribunal

Pour avoir accompagné des migrants jusqu’à Nice en voiture, Pierre-Alain Mannoni a été relaxé dans un premier temps, mais le procureur a fait appel. Verdict le 11 septembre.

Vanina Delmas  • 6 septembre 2017 abonné·es
Pierre-Alain Mannoni : Un humaniste au tribunal
© photo : Yann COATSALIOU/AFP

Le poing levé, le sourire inaltérable, Pierre-Alain Mannoni sort abasourdi mais heureux du tribunal correctionnel de Nice, le 6 janvier 2017 : le juge a acté sa relaxe. Deux mois plus tôt, il comparaissait pour aide au séjour et à la circulation de migrants ayant franchi la frontière franco-italienne. Le premier acte d’un acharnement judiciaire. Car le procureur de la République a fait appel : il l’accuse d’être un passeur, et même un militant.

Originaire d’Île-de-France, Pierre-Alain Mannoni se retrouve professeur de géographie à l’université de Nice Sophia-Antipolis. Le bord de mer lui permet de poursuivre ses recherches en écologie marine au CNRS, mais la mentalité dominante de la Côte d’Azur ne lui correspond pas vraiment. Il sympathise avec de jeunes paysans qui descendent de la vallée de la Roya pour vendre du fromage de brebis, et découvre alors l’altruisme des habitants de l’arrière-pays niçois.

Lorsque les migrants arrivent par milliers à la frontière franco-italienne, en 2015, Pierre-Alain suit l’affaire dans la presse locale et collecte quelques vêtements et sacs à dos. Il se rend de temps en

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel
Analyse 27 mars 2026 abonné·es

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel

L’histoire de la première vedette française de télé-réalité rappelle ce que la notoriété fait aux femmes : elle les tue, réellement ou symboliquement, comme pour expier la misogynie d’une société entière.
Par Nesrine Slaoui
« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »

Le décès de Loana Petrucciani ravive un malaise collectif longtemps tu. L’essayiste Rose Lamy décrypte comment le mépris de classe a façonné la trajectoire d’une femme déplacée dans un monde qui ne voulait pas vraiment d’elle.
Par Juliette Heinzlef
« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »
Entretien 26 mars 2026 abonné·es

« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »

Marie-Laure Basilien Gainche, professeure de droit public analyse en quoi le règlement « Retour » voté aujourd’hui par le Parlement européen bafoue des droits fondamentaux. Pour elle, ces derniers sont perçus « comme des contraintes » par l’Union européenne dans la mise en œuvre de ses politiques d’éloignement.
Par Pauline Migevant
« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »
La Midinale 20 mars 2026

« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »

Samedi 21 mars, à 14 h 30, une marche pour Nahel et contre les violences policières se lancera depuis les abords du lycée Joliot-Curie à Nanterre. Après la requalification du meurtre en violences (mais avec le pourvoi en cassation du parquet), Mornia Labssi, militante antiraciste et co-organisatrice de la marche, est l’invitée de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien