Risque nucléaire : EDF sommé par l'ASN d'arrêter la centrale du Tricastin

Pour le gendarme du nucléaire, l'infrastructure pourrait ne pas résister à un « séisme maximal ». Une nouvelle preuve que l'énergie atomique française n'est pas plus sûre qu'ailleurs.

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Les quatre réacteurs de la centrale du Tricastin (Drôme) vont être mis provisoirement à l'arrêt à la demande de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour renforcer une digue jugée trop fragile au nord de l'installation, ont annoncé jeudi EDF et l'Autorité de sûreté nucléaire.

Dans un communiqué, l'ASN estime qu'il existe « un risque de rupture d'une partie de la digue du canal Donzère-Mondragon pour les séismes les plus importants étudiés » pour évaluer la sûreté d'une telle installation. « L'inondation en résultant pourrait conduire à un accident de fusion du combustible nucléaire » des quatre réacteurs, qui « rendrait particulièrement difficile la mise en œuvre des moyens de gestion d'urgence internes et externes », ajoute encore l'ASN, qui demande donc à EDF de mettre provisoirement à l'arrêt la centrale et de renforcer la digue :

EDF devra compléter ses investigations géotechniques afin de caractériser plus finement la constitution de la partie de la digue concernée et procéder, avant le redémarrage des réacteurs, aux renforcements nécessaires pour assurer la résistance de la digue au séisme maximal retenu dans la démonstration de sûreté nucléaire.

« EDF mettra en œuvre la décision de l'ASN dans les meilleurs délais », a déclaré l'électricien dans un communiqué distinct, tout en disant ne pas partager « la nécessité d'arrêter les quatre réacteurs pendant la durée des travaux ». EDF indique que ces travaux de renforcements seront réalisés « sous un mois » et qu'en attendant « une protection complémentaire » est en cours d'installation. Elle sera opérationnelle « sous quelques jours ».

Ces dispositions garantissent la sûreté des installations, estime l'électricien qui considère que l'arrêt des réacteurs est « injustifié ». Compte tenu de cet arrêt imposé, le groupe est contraint de revoir à la baisse ses prévisions de production d'électricité nucléaire pour cette année.

Ce nouvel épisode démontre que les infrastructures nucléaires françaises ne sont pas aussi sûres que voudraient le faire croire l'industrie et les lobbys de l'atome. Il doit encourager les pouvoirs publics à amorcer la sortie de ce mode de production énergétique dangereux, au profit des énergies renouvelables.


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