Entrée à l’université : des propositions qui n’écartent pas la sélection

Une synthèse, remise hier à la ministre de l’Enseignement supérieur, sur les modalités d’accès à l’université inclut, sans trancher, la possibilité d’établir des conditions voire une sélection entre les bacheliers.

Politis.fr  et  AFP  • 20 octobre 2017
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Entrée à l’université : des propositions qui n’écartent pas la sélection
© photo : CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Les principaux acteurs de l’enseignement supérieur – syndicats enseignants et étudiants, présidents d’université (CPU), recteurs, fédérations de parents d’élèves… – ont remis jeudi la synthèse de leurs propositions sur de nouvelles modalités d’accès à l’université : les négociations vont désormais commencer, avant que la ministre Frédérique Vidal ne tranche début novembre.

« Ce rapport général n’a pas vocation à trancher l’ensemble des questions et proposer une solution “clé en main”. Il est là pour dresser un état des lieux […] et tracer des pistes de solutions », a dit la ministre.

La synthèse des groupes de travail, réunis depuis juillet, relève que « les discussions autour des notions de prérequis ou d’attendus ont été vives et au centre des débats ».

Pour certains participants, des prérequis coercitifs sont ressentis « comme une privation du droit absolu à poursuivre des études supérieures librement. Pour d’autres, elle est indispensable pour rendre le système d’affectation plus juste et au service de la réussite étudiante », note le rapport présenté par Daniel Filâtre, recteur de l’académie de Versailles.

À lire aussi >> Université : orienter ou sélectionner ?

Quatre options ont été discutées :

  • accès libre à l’université sans avis ni recommandation,

  • accès libre avec avis et recommandations,

  • accès sous condition,

  • accès sélectif.

Si la synthèse ne tranche pas entre ces propositions, les deux dernières remettraient en cause l’accès de droit à l’université pour tous les bacheliers et donc l’égalité (déjà toute relative à l’heure actuelle) entre les élèves quel que soit leur milieu d’origine – les plus favorisés ayant davantage de chances, à ce moment de leur vie, de remplir les conditions requises, ou d’être meilleurs que les autres, en cas de sélection.

Hervé Christofol, du Snesup-FSU, syndicat des enseignants du supérieur, s’est cependant dit « agréablement surpris par la sincérité du rapport », qui « ne gomme pas les dissensions ». Le document est « assez représentatif de nos discussions mais il n’enlève aucune de nos inquiétudes », a déclaré de son côté Lilâ Le Bas, présidente de l’Unef, un des deux principaux syndicats étudiants. Snesup et Unef sont malgré tout opposés à toute forme de conditions à remplir par un bachelier pour qu’il puisse intégrer la licence de son choix.

La Fage, premier syndicat étudiant, « s’opposera à tout ce qui est sélection » et veut « permettre à l’étudiant de faire son choix en toute connaissance de cause », indique Orlane François, vice-présidente. L’organisation souhaite un travail « sur la pédagogie de l’orientation ».

Vont à présent démarrer les tractations, avec des rencontres bilatérales. Le calendrier est serré, car les futurs bacheliers doivent inscrire leurs vœux d’orientation en début d’année.

Travail Éducation
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