Pauvreté : pour Macron, rien ne presse

À l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, le chef de l’État a lancé ce matin une concertation.

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L’initiative est née en France il y a trente ans. Le 17 octobre est, depuis, la Journée mondiale du refus de la misère. Celle-ci n’a jamais été à ce point criante. En effet, selon l’Observatoire des inégalités, 5 millions de personnes en France vivent avec moins de 846 euros par mois, ce qui représente 50 % du niveau de vie médian, tandis que près de 9 millions personnes vivent avec moins de 1 015 euros par mois, soit 60 % du niveau de vie médian.

Le taux de pauvreté moyen en France est d'un peu plus de 14 %, mais s’élève à 20 % chez les jeunes : c’est-à-dire qu'un enfant sur cinq, soit 3 millions d'enfants, vit sous le seuil de pauvreté (chiffres Insee). La situation ne cesse de s'aggraver : « Un million de personnes supplémentaires, dont 400 000 enfants, vivent sous le seuil de pauvreté depuis la crise de 2008 », a déclaré ce mardi sur France Info Florent Gueguen, directeur de la fédération des acteurs de la solidarité.

Pour l’association ATD-Quart Monde, si 35 % des personnes ayant droit au RSA ne réclament pas cette aide, c’est la preuve que les politiques actuelles, avec leurs lourdeurs administratives, ne fonctionnent pas.

À l’occasion de cette journée, le chef de l’État a lancé ce matin une concertation pour une nouvelle politique de lutte contre la pauvreté, visant principalement l’enfance et la jeunesse, privilégiant la prévention et l’investissement social. Après concertation avec les acteurs de la lutte contre la pauvreté, le gouvernement entend élaborer une stratégie, sous la houlette d’un délégué ministériel, mais pas avant le printemps, autour de mars ou avril. Pour éradiquer la pauvreté, rien ne presse, Emmanuel Macron n’a pas jugé bon de légiférer par ordonnances.


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