Un documentaire plaidoyer contre Monsanto

Dans son nouveau documentaire Le Roundup face à ses juges, Marie-Monique Robin montre les ravages provoqués par l’herbicide star de la firme américaine Monsanto. À voir ce soir à 20h50 sur Arte.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Plus de dix ans après Le Monde selon Monsanto, la journaliste Marie-Monique Robin repart à l’attaque contre la firme américaine de l’agrochimie alors qu’elle pensait être passée à autre chose. Mais en 2014, René Lehnherr et Esther Gerber, deux militants suisses, la contacte pour lui proposer une idée : organiser un tribunal citoyen pour juger Monsanto. En octobre 2016, le Tribunal international Monsanto voit le jour à La Haye, aux Pays-Bas. Pendant deux jours, les cinq magistrats de renommée mondiale écoutent les victimes du glyphosate et les experts scientifiques ou citoyens. Marraine de l’initiative, Marie-Monique Robin a filmé ce procès hautement symbolique et en a fait le fil conducteur de son documentaire, Le Roundup face à ses juges [1].

À lire aussi >> Les citoyens se font justice face à Monsanto

Bien loin des tractations politiques sur l’autorisation du glyphosate, le film laisse la place aux témoignages de ceux qui côtoient le Roundup, herbicide star de Monsanto, au quotidien et depuis de nombreuses années. En France, Sabine Grataloup raconte les 50 opérations subies par son fils âgé de seulement 10 ans. Il est né avec une malformation congénitale de l’œsophage et du larynx. Elle pulvérisait du Roundup sur les pelouses de son haras lors des premières semaines de sa grossesse. Aux États-Unis, de nombreux malades souffrant désormais du lymphome non hodgkinien, un cancer rare, se lancent dans une bataille judiciaire face à Monsanto.

En Argentine, la réalisatrice nous emmène dans un « campement sanitaire ». Des étudiants et des professionnels de santé y sont chargés de mener une enquête sanitaire dans la ville de Basavilbaso. Les cas de fausses couches, cancers et malformations congénitales augmentent et le lien avec les champs entourant toute la ville n’a pas été établi immédiatement ni par les pouvoirs publics, ni par les habitants. « C’est un génocide silencieux dont je ne veux plus être complice, glisse Fabian Tomasi, souffrant d’une maladie régénératrice affectant le système nerveux à 50 ans. Ici, je suis un paria et le seul qui ose parler de ce problème. » Un tour du monde effrayant des désastres du glyphosate sur l’homme et la biodiversité.

Des séquences dessinées ponctuent le documentaire, apportant une touche pédagogique appréciable sur la toxicologie, le fonctionnement du glyphosate et les diverses pathologies engendrées par cette molécule. Un décryptage indispensable alors que la Commission européenne doit se prononcer le 25 octobre sur le renouvellement ou non de la licence du glyphosate dans l’Union européenne.

À lire aussi >> Notre dossier sur le glyphosate « Monsanto, ennemi public n°1 »

[1] À voir ce soir à 20h50 sur Arte et sur Arte. fr. Le livre du même titre et du même auteur est à paraître jeudi 19 octobre.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents