Allemagne : Vers la fin de l’ère Merkel ?

La chancelière a échoué à former une coalition entre son parti, les libéraux-démocrates et les Verts.

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C’est livide, presque défaite qu’Angela Merkel est apparue le 20 novembre devant une nuée de micros et de caméras. La chancelière venait d’échouer dans sa tentative de former une coalition entre son parti, l’Union démocrate-chrétienne (la CDU et ses alliés bavarois de la CSU), les libéraux-démocrates et les Verts. Une alliance, baptisée « jamaïcaine » par les médias, en référence aux couleurs des trois partis qui la composent (noir pour les conservateurs, jaune pour les libéraux du FDP, vert pour les écologistes). L’exercice était périlleux pour Merkel, qui payait là son demi-échec aux législatives du 24 septembre. La chancelière s’était déjà heurtée à un refus du SPD, décidé à faire une cure d’opposition, et elle devait cette fois concilier l’inconciliable. Mais, contre toute attente, ce ne sont pas les Verts qui ont fait échouer l’opération malgré de fortes dissensions autant avec les conservateurs bavarois de la CSU qu’avec le FDP. Ce sont les libéraux du FDP, productivistes, alliés quasi naturels des chrétiens-démocrates depuis l’après-guerre, qui ont claqué la porte. Le désaccord a surtout porté sur la maîtrise des flux migratoires. 

L’Allemagne connaît ainsi une crise politique sans précédent puisque pour la première fois depuis 1949, date de l’adoption de sa Loi fondamentale, aucune majorité ne parvient à se mettre en place après des élections législatives. Et pourrait bien devoir retourner aux urnes. La chancelière, qui n’expédie plus que les affaires courantes, a d’ores et déjà envisagé de conduire à nouveau le bloc conservateur. Bien qu’affaiblie et victime sans doute de l’usure du pouvoir après trois mandats successifs, Angela Merkel n’a pas vraiment de concurrents sérieux. Mais un nouveau scrutin risque surtout, comme certains sondages semblent déjà l’annoncer, de permettre à la nouvelle extrême droite anti-migrants de l’AfD d’augmenter encore son nombre de suffrages. D’autant que l’objet de la rupture entre Merkel et le FDP est au cœur de la campagne démagogique de l’AFD.


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