Au Burkina Faso, le pari précaire de l’agro-industrie

L’État s’est lancé dans la création d’un de ces « pôles de croissance agricoles » préconisés par la Banque mondiale en Afrique, mais très contestés par les organisations paysannes et les ONG.

Patrick Piro  • 22 novembre 2017 abonné·es
Au Burkina Faso, le pari précaire de l’agro-industrie
© Un exemple d’agriculture familiale à Ouahigouya, dans le nord-est du Burkina. Patrick Piro

À quelques kilomètres au sud de Tenkodogo, on quitte le trafic des camions qui filent vers le Togo et le Ghana pour prendre une piste sur la droite. Un imposant panneau annonce l’entrée du « pôle de croissance agricole » de Bagré, village au cœur de ce projet prévu sur 500 000 hectares – l’équivalent d’un département français [1]. En 2012, l’État burkinabé a créé une société d’économie mixte, Bagrépôle, pour gérer les lourdes opérations d’aménagement de ce territoire, avec l’objectif assigné, précise son directeur général, Joseph Martin Kaboré, « d’apporter des réponses significatives » aux besoins d’autonomie alimentaire de la population locale, à la lutte contre la pauvreté rurale et au développement économique du pays.

Les ambitions ont la fluidité prometteuse d’une plaquette publicitaire. À terme, ce pôle « intégré à fort potentiel » produirait 165 000 tonnes de denrées agricoles par an. Des aires sont réservées pour la pisciculture et l’élevage, des unités de transformation, des gares routières, une zone industrielle, une plate-forme de commercialisation.

Au cœur de cette mécanique agricole, le barrage de Bagré, en service depuis 1994. Avec le lac de retenue, Bagrépôle veut irriguer 30 000 hectares, principalement pour la culture du riz, et créer 30 000 emplois. Cohabiteraient des paysans cultivant de petites parcelles

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Inondations : réparer ou prévenir ?
Parti pris 25 février 2026

Inondations : réparer ou prévenir ?

Alors que l’extrême droite impose ses thèmes dans le débat public, des inondations historiques frappent la France dans une indifférence inquiétante. Ces catastrophes, loin d’être de simples aléas, révèlent nos choix politiques, nos renoncements et l’urgence de changer de modèle.
Par Pierre Jacquemain
Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?
Reportage 19 février 2026

Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?

Certaines collectivités tentent de se réapproprier la politique agricole à l’échelle communale. Pour lutter contre la disparition des petites fermes, et favoriser une alimentation bio et locale.
Par Vanina Delmas
Fiona Mille : « Les Jeux olympiques empêchent de penser d’autres possibles »
Entretien 18 février 2026 abonné·es

Fiona Mille : « Les Jeux olympiques empêchent de penser d’autres possibles »

La présidente de l’association Mountain Wilderness France bataille avec d’autres citoyens pour que les Jeux olympiques d’hiver 2030 n’aient pas lieu en France. Dans son livre Réinventons la montagne, elle imaginait trois scénarios pour les territoires montagneux, dont un qui anticipe la raréfaction de la neige et imagine un avenir écologique des stations de ski.
Par Vanina Delmas
« Tous les transports publics du quotidien devraient être gratuits »
La Midinale 13 février 2026

« Tous les transports publics du quotidien devraient être gratuits »

Patrick Le Moal, représentant de l’Union pour la gratuité et le développement des transports (UGDT), est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien