La crise catalane fissure la gauche espagnole
La déclaration d’indépendance du Parlement catalan débouche sur des élections régionales anticipées prévues en décembre dans un paysage politique en totale recomposition.
dans l’hebdo N° 1476 Acheter ce numéro

Il aura fallu moins d’une heure vendredi dernier pour ouvrir deux réalités politiques parallèles en Catalogne. Au lendemain d’une journée de grande tension, le Parlement catalan a finalement adopté le texte validant la proclamation d’une « république catalane, en tant qu’État indépendant et souverain, de droit démocratique et social ». Une déclaration d’indépendance votée à bulletin secret, validant ainsi le texte dans un hémicycle déserté par les 53 députés de l’opposition, avec 70 voix pour, 2 votes blancs et 10 contre. Moins d’une heure après, le Sénat espagnol, où le Parti populaire de Mariano Rajoy dispose d’une large majorité, validait l’adoption de la suspension de l’autonomie de la Catalogne avec l’appui des socialistes espagnols (PSOE) et de Ciudadanos (« nouvelle » droite centraliste). Encore jamais appliqué en démocratie espagnole, ce fameux article 155 de la Constitution le sera dans une version particulièrement pugnace. Il prévoit ainsi la destitution du gouvernement autonome de