« La Villa », de Robert Guédiguian : Le cœur bien accroché

Robert Guédiguian quitte le réenchantement pour la transcendance dans La Villa, film crépusculaire et spectral, mais pas désespéré, sur la capacité de l’homme à s’adapter, à secourir, à continuer…

Faire son deuil. Panser ses plaies. Vivre encore. Sourire encore ? La Villa surplombe le crépuscule de la vie, entre automne et hiver. L’été est dans le rétroviseur, comme le rêve d’un avenir meilleur. « “Le rire est ce qui, au bord du précipice, nous empêche de sauter”, dit un proverbe chinois… que je viens d’inventer ! », tente Joseph (Jean-Pierre Darroussin). Il est attablé avec sa « beaucoup trop jeune fiancée », Bérangère (Anaïs Demoustier), sa petite sœur, Angèle (Ariane Ascaride), et son frère, Armand (Gérard Meylan), qui vient de leur préparer des pâtes aux artichauts selon la recette de leur père (confits dans l’ail et le persil, les artichauts), dans le restaurant qu’il tenait au creux de cette calanque marseillaise. Leur père n’est pas mort, mais presque. À quelques mètres, il est immobile dans un fauteuil, les yeux perdus dans la mer depuis ce balcon en demi-lune qui fait la fierté familiale. Absent, mais pas parti. « Ça peut durer huit ans comme ça… Comme Sharon », se jettent les frangins. Ils ne s’étaient pas retrouvés ensemble dans cette maison depuis vingt ans. Il a fallu que leur père fasse une attaque irréversible pour qu’ils soient forcés de se voir et de parler héritage, au sens large : cette maison dans cette calanque pensée comme une enclave utopiste, la mémoire ouvrière, la cuisine et la pêche au poulpe…

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