Le PS continue de se vider par la gauche

Les eurodéputés Isabelle Thomas et Guillaume Balas viennent d’annoncer qu’ils rejoignent le mouvement de Benoît Hamon.

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Isabelle Thomas reconnaît dans un tweet s'engager sur « un chemin sans roses, mais plein d'espoir ». Souhaitons-lui qu’il soit aussi sans épines… L’eurodéputée, ex-égérie du mouvement étudiant contre la loi Devaquet en 1986 – époque où elle était déjà au Parti socialiste –, a annoncé, ce matin, dans une très intéressante interview à Mediapart, qu’elle quittait le PS pour rejoindre le mouvement de Benoît Hamon, le « Mouvement du 1er Juillet » ou M1717. Sans surprise, son camarade au parlement européen, Guillaume Balas, « cerveau » de la campagne de l’ex-candidat du PS à la présidentielle, a pris le même chemin et il l’explique dans la même interview :

Le logiciel de la social-démocratie est épuisé, c’est indéniable. Mais il n’est pas le seul. L’écologie politique et la radicalité mouvementiste le sont tout autant. Il s’agit désormais de tirer le meilleur de chaque culture pour créer du nouveau et être dans une logique de renaissance et de refondation, en s’appuyant sur la société et la jeunesse.

Après le départ de deux célèbres députés « frondeurs », Pascal Cherki, le 10 octobre, et Barbara Romagnan, le 22 octobre (lire ici), il ne reste presque plus d’anciens membres d’« Un monde d’avance », le courant de Benoît Hamon quand il était au PS. Et si Mathieu Hanotin, son directeur de campagne, n’a pas encore annoncé qu’il quittait la Rue de Solférino, c’est sans doute pour des raisons toutes stratégiques – il dirige le groupe socialiste au conseil départemental de la Seine-Saint-Denis.

À l’aile gauche du PS, les anciens soutiens d’Arnaud Montebourg à la primaire restent néanmoins bien présents : Emmanuel Maurel est membre de la direction collégiale, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann a été reconduite au palais du Luxembourg sous les couleurs du PS, et Gérard Filoche ne compte toujours pas quitter le navire – qui prend pourtant de plus en plus l’eau…

Le Mouvement du 1er Juillet, qui devrait changer de nom dès le 2 décembre prochain, lors d’un week-end de « fondation » organisé au Mans, se précise donc. Dans l’interview à Mediapart, Isabelle Thomas dévoile d’ailleurs que le mouvement présentera sans doute des listes communes avec le PCF et EELV lors de la prochaine échéance électorale, les européennes de 2019 :

Il y aura peut-être un bout de la social-démocratie, un bout d’anciens communistes, un bout d’écologistes, qui serviront à construire une alternative politique européenne, avec [des] mouvements émergents.

Elle n’exclut pas un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon dans les années à venir même si elle exprime « un désaccord sur l’organisation démocratique » : « Dire “le peuple” et non “la gauche”, c’est aussi dire “l’homme providentiel” et c’est un schéma paternaliste qui ne me convient pas. On a bien vu que la volonté d’horizontalité et de démocratie participative telle que l’a portée Benoît pendant la présidentielle n’est pas adaptée à la Ve République, mais nous voulons les mettre en œuvre, même si cela prendra du temps. »


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