« Lignes », trente ans d’engagement

La dernière livraison de la revue dirigée par Michel Surya fête trois décennies d’intervention politique et littéraire. Entre exigence et résistance.

A près plus de 18 500 pages, Lignes célèbre sa trentième année, au-delà de toute espérance. En général, la longévité d’une revue ne dépasse pas une génération, pas plus de 20-25 ans et lorsque certaines y parviennent, leur portée culturelle décline rapidement devant l’influence d’une nouvelle génération. La persistance de Lignes témoigne donc de sa position singulière dans le champ intellectuel français. » C’est ainsi qu’Adrian May, jeune chercheur « qui [a] à peine plus que l’âge de la revue » (selon le mot de Michel Surya) à laquelle il a consacré sa thèse de doctorat, salue, dans l’ultime article de cette livraison, le rôle bien particulier de Lignes, née durant les pires « années d’hiver libérales » de la bien peu enthousiasmante décennie 1980. Si Lignes ne s’est jamais posée en avant-garde théorique, comme d’autres revues dans le passé (à l’instar de Tel Quel, par exemple, maoïste au début des années 1970), Michel Surya insistait déjà, lors du vingtième anniversaire, sur le fait que l’objectif avait toujours été « de créer un espace intellectuel et politique relativement ouvert, plutôt que de délimiter une position définie ». C’est sans aucun doute l’une des raisons de la richesse et de la diversité de ses interventions dans de multiples domaines. Son fondateur et directeur tient aussi à rappeler que, depuis son premier numéro, Lignes n’a jamais connu qu’une époque où « la régression l’emporte partout ». Une régression « politique (identitaire, religieuse, raciale, policière) et une régression sociale », telle la marque d’un temps où « les enjeux d’émancipation ne prévalent plus, après qu’ils ont longtemps prévalu ». Ce qui fait de Lignes une revue de résistance à cette régression tous azimuts, « qui a trente ans avec ce numéro. Qui ne les fête pas pour autant. Qui n’a rien à fêter, sinon d’avoir survécu à ce qui aurait dû la faire disparaître. Qui persiste donc. Ou re-commence ».

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