Paradise papers : L’évasion fiscale mise à nu

Chaque année, les resquilleurs coûtent 350 milliards d’euros aux États.

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La 5e vague de révélations sur l’évasion fiscale est à la démesure des précédentes : chaque année, les resquilleurs coûtent 350 milliards d’euros aux États, dont 20 milliards rien que pour la France. C’est ce que révèlent les 6,8 millions de documents épluchés par le consortium international des journalistes, auquel participe Le Monde, France Inter et « Cash investigation ». La fuite émane notamment d’un cabinet d’avocats experts en « optimisation fiscale », Appleby, qui possède des ramifications dans sept paradis fiscaux. Si la société a pris ses aises avec les lois mondiales l’obligeant à vérifier l’origine des fonds, ses « investissements » sont en fait le plus souvent légaux. Il s’agit donc d’une institution à laquelle participe une intelligentsia proche des milieux de pouvoir, « une longue liste de multinationales […], une ribambelle d’hommes d’affaires, sportifs ou stars du show business », selon France Inter.

Apparaissent ainsi les noms de 13 ministres, conseillers et donateurs de Donald Tump ; d’un proche de Justin Trudeau, le Premier ministre canadien ; de deux ministres brésiliens ; et les marques Nike et Apple. On retrouve également trace de quelques millions de livres sterling placés « offshore » par la reine d’Angleterre, dont une partie a atterri au capital d’une société d’électroménager de sinistre réputation. Brighthouse est en effet connue pour ses méthodes de vente agressives et le taux prohibitif de ses crédits à la consommation (location-vente) : 99,9 % !

« C’est insupportable ! », a réagi le commissaire européen à la Fiscalité, Pierre Moscovici, fustigeant ceux qui « sont prêts à tout pour ne pas payer d’impôts ». On présume qu’il lira donc avec intérêt les développements de l’enquête sur trois des paradis fiscaux nichés en plein cœur de l’Europe : Malte, l’Irlande et l’île de Man…


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