Quand les services du ministère du Travail sanctionnent des syndicalistes

Deux militants syndicaux CGT ont reçu un blâme pour leur implication dans une action de travailleurs sans papiers. Une atteinte de plus à la liberté syndicale.

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Un blâme, simplement pour avoir tenu son rôle de représentant syndical. Dans le cadre de la campagne contre le travail dissimulé, des travailleurs sans papiers ont investi les locaux de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi d’Île-de-France (Direccte). Les syndicalistes étaient présents pour faciliter le dialogue entre la direction et les sans-papiers.

« On leur reproche d’avoir été actifs dans le cadre de cette mobilisation et c’est pour cela qu’ils ont reçu un blâme », explique Martine Corneloup, secrétaire générale du Syndicat national travail-emploi-formation professionnelle CGT (SNTEFP-CGT). La syndicaliste déclare que c’est la première fois que le ministère du Travail lui-même sanctionne des syndicalistes à la suite d’une mobilisation. Le syndicat rédige actuellement un recours gracieux contre cette décision.

La secrétaire générale précise qu'une telle atteinte n'est pas une première et dénonce un enchaînement ces dernières semaines. Récemment, une syndicaliste de Sud s’est vue « suspendue de ses fonctions à titre provisoire ». Cela s’est passé pendant une manifestation déposée contre la réforme du Code du travail à l’occasion d’un congrès de directeurs de ressources humaines. Suite à cela, la militante a donné une interview à L'Humanité, qui l’a citée en tant inspectrice du travail, plutôt que comme une militante de SUD Solidaires.

Un détail qui permet au ministère de considérer qu’elle n’a pas respecté son droit de réserve. « [Le ministère] aurait pu choisir de faire un simple avertissement, mais il a choisi la manière forte », dénonce Martine Corneloup en ajoutant que cette sanction est généralement donnée à un salarié pour faute lourde et dont on considère que la poursuite du travail « nuirait au fonctionnement du service », détaille-t-elle .

Précédemment, des militants avaient déjà reçu un avertissement pour d’autres mobilisations, souvent concernant les travailleurs sans papiers. « Pourquoi les sans-papiers ? », se demande Martine Corneloup en riant. Ce serait pour elle dans le but de stopper les actions visées par la répression syndicale du ministère du Travail :

Je crois que l’idée est de museler les syndicalistes de l’Inspection du Travail, qui ont tendance à protester vigoureusement contre les remises en cause de la protection des travailleurs.

La CGT met en avant que la répression a pris plusieurs formes depuis quelques mois, que ce soit pour insubordination ou pour affichages abusifs. Le syndicat dénonce une atteinte « au fondement même du droit syndical ».


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