Semaines décisives pour la Syrie

Le huitième round de discussions s’est ouvert mardi à Genève, alors que Bachar Al-Assad a intensifié ces jours-ci ses bombardements sur la zone rebelle de la Ghouta.

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Une phrase d’un colonel de la division rebelle Al-Hamza résume bien l’impasse du conflit syrien : « C’est la Russie qui mène le bal, mais le régime syrien ne peut pas être réhabilité. » Toute la contradiction est là. Rien n’est possible avec Bachar Al-Assad, mais la Russie, toute-puissante dans ce dossier, n’est pas disposée à lâcher le dictateur syrien. De fait, la question de la gouvernance, autrement dit de la survie du régime, est bien de nouveau au cœur du huitième round de discussions qui s’est ouvert mardi à Genève, sous l’égide de l’ONU. Et, comme s’il voulait en rajouter dans l’horreur, Bachar Al-Assad a intensifié ces jours-ci ses bombardements sur la zone rebelle de la Ghouta, dans la banlieue de Damas, qualifiée par une mission de l’ONU d’« épicentre de la souffrance ». Cela, alors même qu’elle a été déclarée « zone de désescalade » par la Russie et le régime. Ce qui donne une idée de la duplicité de Damas.

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Deux éléments nouveaux sont toutefois intervenus avant le rendez-vous de Genève. Pour la première fois, l’opposition syrienne se présentera unie face aux représentants du régime. Après trois jours de discussions à Riyad, les différents courants ont réussi à désigner une représentation unique. D’autre part, la défaite de Daech, à l’est du pays, prive la propagande russo-syrienne de l’amalgame entre rébellion et mouvement terroriste. Le sort de Bachar Al-Assad, auteur d’une répression féroce depuis six ans, et de plusieurs attaques chimiques contre des civils, constituera néanmoins le principal point de blocage. Même si une étroite porte de sortie existe avec la perspective d’élections législatives sous l’égide de l’ONU. Mais quelles garanties pour les opposants dans un pays sous le joug du clan Assad depuis quarante-sept ans, et ruiné par une guerre civile qui a fait plus de 400 000 morts ?


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