Écologie : les agents du Cerema mobilisés contre la cure d'austérité

L'organisme public dédié au développement durable dans les territoires subit une nouvelle réduction de ses effectifs et des subventions de l'État.

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Leur colère avait déjà résonné devant le Congrès des maires le 21 novembre à Paris. Depuis, elle n’a pas faibli. Les agents du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) se mobilisent aujourd'hui devant le siège (situé à Bron, près de Lyon), pendant le conseil d’administration de l'institution, espérant peser sur les décisions. Cet organisme public méconnu est chargé de conseiller les collectivités, notamment en matière d'aménagement et de développement durable pour les habitats, les bâtiments, les transports…

Quatre syndicats – la CFDT-Union fédérale Environnement, Territoires, Autoroutes et Mer (Ufetam), la CGT Cerema, la fédération Force ouvrière de l’Équipement, de l’Environnement, des Transports et des Services (FEETS-FO) et l’Unsa Développement durable – ont déposé un préavis de grève pour « combattre la politique d’austérité budgétaire imposée au Cerema, les premières mesures drastiques décidées au niveau du directeur général, ainsi que la violence avec laquelle elles ont été portées auprès des agents ».

Une centaine de postes supprimés par an

Depuis sa création en 2014, le budget et les effectifs fondent comme peau de chagrin. Le projet de loi de finances 2018 prévoit une baisse de près de 5 millions d’euros de subvention de l’État (qui finance 85 % du budget) et une nouvelle diminution d’effectifs d’une centaine de postes par an d’ici 2022. Et des conséquences visibles : la fermeture de laboratoires en régions, et de la direction territoriale d’Île-de-France d’ici 2020. L’intersyndicale réclame un écrit ministériel assurant l’abandon définitif de ce projet de fermeture, qui constitue « une aberration sur les plans humain, économique, social et écologique ».

En octobre dernier, Gaël Perdriau, maire LR de Saint-Étienne, a démissionné de la présidence du Cerema, refusant d’être « le fossoyeur » de l’organisme. « Depuis deux ans, le Cerema voit son budget régulièrement amputé et le nombre de ses agents réduit. Est-ce ainsi que l’État entend aider et soutenir les collectivités ? », s'interrogeait-il. Un acte de colère et sans doute signe de désillusion après les propos rassurants du président de la République le 17 juillet dernier, lors de la conférence territoriale. Tout en annonçant un plan d’économies pour les collectivités territoriales de 13 milliards d’euros, Emmanuel Macron avait assuré qu’elles « seraient mieux accompagnées notamment en matière d’ingénierie ». Une initiative qui serait pertinente pour soutenir les annonces de Nicolas Hulot en matière de transition énergétique.


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