Jérusalem : la décision de Donald Trump a déjà tué

Le transfert annoncé de l’ambassade américaine à Jérusalem a déclenché une vague de confrontations dans les territoires palestiniens et causé son premier mort.

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Un Palestinien a été tué par des tirs de l'armée israélienne vendredi dans la bande de Gaza alors qu'il participait à des manifestations contre la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël. Mahmoud al-Masri, 30 ans, est le premier Palestinien mort au cours des manifestations contre la décision américaine annoncée mercredi, mais sans doute pas le dernier, tant la décision de Donald Trump menace de mettre le feu aux poudres dans les territoires palestiniens. Un autre homme est d'ailleurs dans un état désespéré, selon le ministère de la Santé dans la bande de Gaza, qui l’avait dans un premier temps déclaré mort.

Au lendemain de l'appel du Hamas à une « nouvelle intifada », les groupes palestiniens ont déclaré ce vendredi « jour de rage ». Des heurts ont éclaté à Jérusalem et en Cisjordanie occupée entre forces israéliennes et Palestiniens.

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À Jérusalem-Est, une intense et brève empoignade a ainsi opposé plusieurs dizaines de manifestants à une cinquantaine de policiers israéliens dans les rues de la vieille ville, faisant voler en éclats des vitrines alentour. Les policiers ont battu et matraqué les manifestants pour les repousser dans les rues adjacentes.

À Hébron, Bethléem, Jéricho et près de Naplouse, en Cisjordanie occupée, les forces israéliennes ont répliqué par des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes aux jets de pierres de dizaines de jeunes Palestiniens, le visage dissimulé par un foulard pour nombre d'entre eux.

Hier, plus d'une vingtaine de Palestiniens avaient été blessés par des balles en caoutchouc ou réelles lors de heurts – dans l'ensemble relativement limités – en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, selon les secours palestiniens.

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Des dizaines de milliers de personnes ont également manifesté vendredi dans plusieurs pays arabes et musulmans pour exprimer leur solidarité avec les Palestiniens : selon l’AFP, des manifestations ont eu lieu en Jordanie, au Caire, au Liban, en Syrie voisine, à Bagdad, en Iran, à Istanbul, au Pakistan, en Afghanistan, en Malaisie, en Indonésie. L'imam de la prière du vendredi à Téhéran, nommé par le guide suprême iranien, a également appelé vendredi les Palestiniens à se soulever contre Israël. Le puissant mouvement armé libanais Hezbollah, a de son côté appelé à une « manifestation massive » lundi.

Un rendez-vous diplomatique important est attendu aujourd’hui à New York avec une réunion en urgence du conseil de sécurité de l'ONU au cours de laquelle les États-Unis risquent d'être confrontés à la réprobation du reste de la communauté internationale.


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