La double histoire des Femen

Le journaliste Olivier Goujon a enquêté sur l’aventure des féministes ukrainiennes, entre vérité et manipulation.

Les Femen, ce sont deux histoires. L’une de révolte pure, qui débute dans une petite ville de l’ouest ukrainien, l’autre de manipulations et de coups tordus, dans le Paris médiatique. C’est du moins ce qui transparaît du livre enquête du journaliste Olivier Goujon, mais aussi du remarquable film Naked War, du cinéaste Joseph Paris. Au départ, ce sont trois jeunes filles qui décident de briser le carcan de la domination masculine dans un pays de l’ex-Union soviétique toujours inféodé à Moscou. Anna et Sacha sont imprégnées de lectures marxisantes. Elles ont lu passionnément La Femme et le Socialisme de l’un des fondateurs de la social-démocratie allemande, August Bebel (1840-1913). Oxana, elle, est une artiste, douée pour penser ce qu’on appelle des événements. Leur credo : « Utiliser les armes désexuées de la féminité au service du féminisme. » D’où les poitrines dénudées et cet usage du nu si bien analysé par l’écrivaine Annie Le Brun. Après quelques coups d’éclat, elles débarquent à Kiev en 2007. C’est peu dire que les jeunes femmes risquent gros dans l’atmosphère de brutalité post-soviétique. Une autre femme, venue du sud de l’Ukraine, les rejoint bientôt. Olivier Goujon n’est pas tendre avec Inna, « arrivée au Femen, dit-il, par la soif de reconnaissance et de pouvoir ». Et, de fait, c’est autour de cette fille de militaire que va s’écrire la deuxième époque. Une histoire française.

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