La fonte de la banquise en Arctique atteint un record

Un rapport scientifique explique que le rythme de disparition des glaces a atteint des proportions sans précédent.

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Le rapport publié, comme chaque année, par l’Organisation américaine de surveillance des océans et de l’atmosphère (NOAA), confirme malheureusement que la situation de la région arctique, bien au-delà du pôle Nord, devient très inquiétante. Les 85 scientifiques d’une douzaine de pays auteurs cette année de l’étude y expliquent chiffres à l’appui que l’année 2017 a été la deuxième année la plus chaude depuis que les températures y sont systématiquement et scientifiquement relevées. Ils ajoutent que le réchauffement ne peut que continuer à augmenter.

Conséquence du réchauffement pendant l’année écoulée et celles qui l’ont précédée : la banquise hivernale a atteint la surface la plus réduite jamais observée depuis des siècles. Et comme, dans cette immense région qui concerne aussi bien l’Alaska, la Russie, la Norvège, la Finlande, la Suède, le Canada que le Groenland, l’augmentation des températures est deux fois plus rapide que sur le reste de la planète, banquise et glaciers vont continuer à fondre et à disparaître. Il devient impossible de rêver d’une « marche arrière » puisque ces millions de kilomètres carrés ont tout simplement changé d’ère et de climat. « L’ampleur du rythme de la fonte et du réchauffement de la surfaces des océans, commentent les auteurs du rapport, sont sans précédent depuis au moins 1 500 ans et probablement depuis beaucoup plus longtemps et il existe beaucoup de signaux indiquant que le système environnemental de l’Arctique a atteint une nouvelle norme. » Mais les chercheurs ne cachent pas que la situation peut encore s’aggraver, qu’il est probable que certaines banquises ne se reformeront jamais et que des glaciers disparaîtront définitivement.

Un vrai changement de climat

Les conséquences que les climatologues osaient à peine envisager il y a dix ans sont désormais en cours et discernables. D’abord la migration et la disparition de nombreuses variétés de poissons et de crustacés qui désorganiseront le travail des bateaux de pêche et condamneront un pourcentage déjà grandissant de pêcheries. Les spécialistes s’avouent incapables de prévoir quelles espèces pourront résister aux modifications de températures de l’eau, d’autant plus que celles-ci ne sont pas uniformes ; mais on dit que le célèbre crabe royal est menacé.

Les scientifiques savent aussi que, directement ou indirectement, les cétacés figureront parmi les victimes. Ensuite toutes les routes maritimes seront modifiées ; et les projets de forage facilités pour les États-Unis et pour la Russie. La fonte du pergisol (couche de tourbe gelée en permanence) va s’accélérer. Avec comme conséquence la destruction progressive de villes et bâtiments dont les fondations ont été insérées dans ce sol glacé que les urbanistes russes, canadiens et américains croyaient éternel. Déjà des immeubles penchent ou s’effondrent. De plus, dans ces zones qui relâchent des quantités de plus importantes de méthane contribuant au réchauffement, des incendies qui peuvent durer des mois vont se produire de plus en plus fréquemment.

Bouleversement de l'équilibre géopolitique

Les scientifiques mentionnent, sans autre commentaire, que tous les équilibres géopolitiques de l’étendue arctique seront bouleversés. En raison des appétits, territoriaux et économiques, des États riverains ou proches. À commencer par le Russie qui a fait planter, en août 2007, son drapeau sur le sous-sol marin du pôle Nord. Une prise de position qui valait à la fois reconnaissance des conséquences du réchauffement et avertissement pour d’autres nations de l’Arctique.

Le réchauffement de l’Arctique, ce ne sont pas seulement les ours blancs qui meurent de faim. Mais bientôt, privée de fonds par l’administration Trump, le NOAA devra cesser de produire des rapports alarmants…


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