« L’Usine de rien », de Pedro Pinho : La recherche du travail perdu

L’Usine de rien, du Portugais Pedro Pinho, est un film gigogne sur la difficulté à penser le monde ouvrier dans un avenir désindustrialisé.

Que fait un ouvrier quand il ne travaille pas ? Quand il ne peut plus travailler ? Quand on lui a pris sa machine mais qu’il doit rester à son poste malgré tout ? Dans un silence inhabituel, dans le froid hivernal d’un entrepôt même plus réchauffé par l’activité, certains jouent avec des bris de métal sur des établis nickels, ou se les lancent d’un poste à l’autre comme on jetterait des cailloux dans l’eau. D’autres allument la radio. D’autres encore jouent au ballon avant de se faire enguirlander par ceux qui redoutent de perdre leur travail… Mais leur travail est perdu. Volé. Délocalisé. C’est le constat premier, révolté, de L’Usine de rien, du Portugais Pedro Pinho et du collectif de réalisateurs Terratreme, qui oscille entre chronique contemporaine sur une occupation d’usine et conte philosophico-politique dans une ère post-capitaliste. Les ouvriers de cette fabrique de pièces pour ascenseurs située dans une ville industrielle au nord de Lisbonne ont été appelés pendant la nuit parce que des gars louches embarquaient leurs machines. Ils se sont interposés, ont sauvé ce qu’ils pouvaient et ont décidé de se relayer pour garder les lieux. Au petit matin, le boss a filé sous leur nez. Avant que ne débarque une équipe de « nettoyeurs » qui leur propose, dans le verbiage luisant du marketing, des sommes assez importantes pour les convaincre d’aller tenter leur chance ailleurs.

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