Non ! Free n’a pas le droit de « ranker » ses salariés…

Classer les salariés selon leur performance est une pratique répandue, mais formellement interdite.

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Classer les salariés selon leur performance. Dégager des quotas de bons, moyens et mauvais employés. Leur distribuer une part variable en fonction de leur classement… Le « ranking » est une pratique certes répandue dans les grandes entreprises, mais formellement interdite. La Cour de cassation l’affirme sans ambiguïté dans un avis de mars 2013. « L’évaluation par quotas est illicite », écrit-elle, fustigeant une mise en concurrence, « source de stress et de souffrance ». Chez Free, on ne s’embarrasse pas de cette jurisprudence. Comme dans beaucoup de centres d’appels d’autres marques, les téléconseillers y sont constamment évalués selon trois critères de « performance », plus ou moins objectifs. Tout le monde est noté, et seuls les 10 % les mieux classés empochent la prime maximale de 890 euros brut.

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Politis a eu connaissance d’une lettre piquante de l’inspection du travail à la direction du centre d’appels de Colombes. Elle rappelle la loi, dénonce le « système de surveillance permanente » des salariés et invite le centre à mettre en place un programme de prévention pour la santé mentale de ses salariés. « L’objectif de faire mieux que les autres membres de son équipe afin d’obtenir une part variable plus importante provoque chez les salariés un stress permanent », alerte l’inspection du travail des Hauts-de-Seine.

Questionné sur le sujet sur Canal + le 22 octobre, Xavier Niel, le patron du groupe, affirmait avec sa désinvolture habituelle que Free ne notait pas ses salariés. Sûrement un trait d’ironie en hommage à feu l’esprit Canal !


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