Palestine : l’illusion française

Mahmoud Abbas, en visite à Paris, a déclaré attendre beaucoup de la France. Un appel qui ne sera sans doute suivi d'aucun effet.

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En visite à Paris, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a affirmé ce vendredi qu’il n’accepterait « aucun plan de la part des États-Unis ». Il a appelé de ses vœux une implication française : « Nous attendons beaucoup, beaucoup de vous », a-t-il déclaré à Emmanuel Macron. Une attente qui risque d’être déçue, car si la France a bien figuré parmi les 128 pays de l’Onu (sur 193) qui ont condamné la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, il n’est pas question pour Paris de reconnaître la Palestine, comme l’aurait souhaité Mahmoud Abbas. Emmanuel Macron est cependant tombé d’accord avec le Président palestinien pour constater que les États-Unis sont désormais « marginalisés » dans ce dossier. Cela, alors que Washington s’apprêterait à divulguer dans le courant du premier trimestre un « plan de paix » préparé par le gendre de Trump, Jared Kushner, connu pour son engagement inconditionnel en faveur d’Israël.

Mahmoud Abbas a également fortement critiqué la méthode employée par Donald Trump pour contraindre certains pays à s’abstenir sur la résolution de l’Assemblée générale de l’Onu. Le Président américain avait menacé de « noter les noms » des pays qui voteraient la résolution et de leur couper les vivres. « On ne peut pas payer les États pour qu’ils adoptent une politique donnée », a déclaré Abbas.

Pour justifier son refus de reconnaître la Palestine, Emmanuel Macron a revendiqué un « esprit de méthode », affirmant ne pas vouloir agir « en réaction » à la décision américaine. Un argument un peu court quand on sait que le refus français est bien antérieur à la décision de Trump à propos de Jérusalem. Sans un tel engagement, que peut faire la France, sinon continuer d’ânonner des slogans en faveur de « la solution à deux États », alors même que celle-ci est condamnée par la décision américaine et la colonisation galopante des territoires palestiniens ? L’appel de Mahmoud Abbas à Emmanuel Macron ressemble à une nouvelle et dangereuse illusion.

En attendant, sur le terrain, un dixième Palestinien est tombé vendredi à Gaza sous les balles des soldats israéliens, à la suite de manifestations de protestation contre la décision américaine qui ne faiblissent pas depuis le 6 décembre.


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