Proche-Orient : Quand Trump fabrique du terrorisme

La décision de Donald Trump, que l’on dit imminente, de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem est l’un de ces actes qui produisent de la violence.

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Sauf à croire que le terrorisme est une donnée biologique, il faut bien constater qu’il a des causes politiques. L’abus de la force par des États tout-puissants contre des peuples qui n’en peuvent mais finit toujours par générer cette forme de révolte folle et aveugle. La décision de Donald Trump, que l’on dit imminente, de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem est l’un de ces actes qui produisent de la violence. Le partage de 1947 avait sagement proclamé la ville corpus separatum, sous régime international.

Le refus arabe d’un partage qui, il est vrai, était tout sauf équitable, puis la guerre de 1948, à la suite de la proclamation unilatérale d’Israël, ont mis un terme à ce statut dérogatoire. La guerre des Six-Jours de juin 1967 et l’entrée des troupes israéliennes dans la partie orientale de la ville, puis son annexion en 1980, ont été des moments décisifs du processus colonial. Mais la communauté internationale n’a jamais reconnu cette annexion. Malgré les pressions israéliennes, les ambassades sont restées à Tel-Aviv. Seul le Congrès américain, en adoptant le Jerusalem Embassy Act, fait planer depuis 1995 la menace d’un transfert que Donald Trump mettrait aujourd’hui à exécution, en dépit des mises en garde des pays arabes et de la Turquie.

Les 57 pays de l’Organisation de la coopération islamique ont prévu de se réunir en urgence. Les États arabes s’en tiendront à une vague protestation. Les peuples, eux, réagiront différemment. Soit immédiatement dans les territoires, où le Hamas a menacé d’une nouvelle Intifada, soit à plus long terme au profit de groupes terroristes. Même Emmanuel Macron en est conscient, qui est intervenu auprès de Trump pour arrêter le bras du crime.


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