Travail et formation : Les syndicats sur le qui-vive

La concertation sur le dossier de l’assurance-chômage a commencé le 13 décembre.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Après moult tergiversations, la concertation sur le dossier de l’assurance-chômage a commencé le 13 décembre. La proposition choc d’Emmanuel Macron d’ouvrir des droits aux démissionnaires devrait finalement accoucher d’un toilettage de ce qui existe déjà. En effet, dans quinze cas précis, un démissionnaire peut être indemnisé.

Le jeu est plus ouvert concernant l’ouverture de droits aux indépendants. La CFDT et la CFE-CGC proposent un système à deux vitesses, avec une allocation forfaitaire pour tous, sorte de « socle » universel, qui cohabiterait avec un régime propre à chaque profession. La CGT s’accroche au contraire à cette vieille idée de solidarité interprofessionnelle, qui fonde le système actuel. Elle s’accorde en revanche avec la CFDT en faveur d’une mise à contribution des plateformes numériques afin d’indemniser dignement les « travailleurs dépendants » d’Uber, Deliveroo et consorts.

Emmanuel Macron voulait, lui, durcir le contrôle des chômeurs. Les syndicats rappellent que le dispositif existant démontre que ces derniers sont rarement pris en défaut de recherche (14 % des contrôles aboutissent sur une sanction). Syndicats patronaux et salariaux s’entendent aussi pour défendre la cogestion « paritaire » de l’assurance-chômage, laquelle a pris un sérieux coup dans l’aile en 2017 avec le remplacement des cotisations salariales par l’impôt (la CSG). Le risque d’une reprise en main à la sauce macronienne est donc bien réel.

Sur ces sujets, comme sur l’apprentissage et la formation professionnelle, la conclusion des discussions est attendue à la mi-février. Le gouvernement présentera ensuite, en mars, sa proposition de loi, censée incarner la « flexisécurité » à la française. Du côté des syndicats, l’enjeu est surtout d’en limiter les dégâts.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents