« Antisémite », de Pascal Boniface : Un « torrent de boue »

Pascal Boniface relate dans un livre important les épisodes de la campagne de haine dont il est la cible. Édifiant.

Lorsqu’un jour d’avril 2001 Pascal Boniface, en sa qualité de conseiller aux questions internationales, met le point final à une note interne au Parti socialiste qui propose un infléchissement de la position du parti dans le conflit israélo-palestinien, il est loin d’imaginer qu’il enclenche contre lui une campagne de haine pour plusieurs années. Un véritable « torrent de boue », écrit le sociologue Michel Wieviorka. Jetée dans l’espace public, auquel elle n’était pas destinée, jusqu’à être immédiatement communiquée à l’ambassade d’Israël, la note lui vaut presque deux décennies d’attaques violentes et incessantes.

Traité d’antisémite, sans le moindre fondement, le politologue, fondateur et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), a fait de ce qualificatif infamant le titre de son dernier livre. Il y raconte par le menu les attaques dont il a été l’objet. Un déluge de calomnies qui va atteindre l’homme, éclabousser sa famille, et menacer l’existence même de l’Iris.

Mais diantre, que disait donc cette note ? Rien d’extraordinaire en vérité. Elle évoquait l’occupation israélienne des Territoires palestiniens, la répression qui frappait la population et les humiliations qu’elle subissait, et concluait : « Dans n’importe quelle situation de ce type, un humaniste, et plus encore un homme de gauche, condamnerait la puissance occupante. » Mais voilà, pas Israël. Et surtout pas au PS ! Boniface ne faisait pourtant qu’en appeler au respect « des principes universels ». C’était déjà trop ! Comme par pressentiment, il mettait en garde contre « le terrorisme intellectuel consistant à accuser d’antisémitisme ceux qui n’acceptent pas la politique des gouvernements d’Israël ». Il ne croyait pas si bien dire ! Aujourd’hui, son livre est l’œuvre d’un homme blessé. Mais c’est aussi un terrible révélateur de l’âme humaine. On y voit défiler une galerie de portraits de vrais et de faux amis, de pleutres – beaucoup de pleutres –, surtout dans les médias qui pensent comme lui mais se désolidarisent publiquement, et, bien sûr, des propagandistes qui agissent par réflexe tribal, et même quelques agents d’influence patentés.

Il reste 77% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Le mythe du renouveau macronien dans les eaux troubles de la « raison d’Etat »

Tribunes accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents