« L’Insulte », de Ziad Doueiri

À son efficacité de mise en scène, le cinéaste libanais sait mêler une certaine complexité.

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Beyrouth. Une équipe d’ouvriers palestiniens emmenés par leur chef d’équipe, Yasser (Kamel El Basha), travaille à la réfection des rues d’un quartier chrétien. L’un des habitants, Toni (Adel Karam), dont la gouttière du balcon laisse l’eau s’épandre sur les passants, refuse que ces ouvriers règlent le problème. Il détruit même leur réparation. Les esprits s’échauffent, et Yasser insulte Toni.

Ce qui pourrait rester au niveau d’une incivilité va, au Liban, dégénérer et prendre une ampleur insoupçonnée. L’Insulte, quatrième long métrage de Ziad Doueiri, montre parfaitement l’engrenage, suscité par le communautarisme et les plaies mal soignées de la guerre civile. De l’exigence de présenter ses excuses d’homme à homme, on passe à la confrontation entre deux familles, puis entre deux communautés, puis au procès récupéré politiquement, qui déchire le pays et acquiert ainsi une dimension nationale.

Ziad Doueiri, cinéaste libanais ayant fait ses classes aux États-Unis, assume tous les codes du cinéma hollywoodien, déjà déployés dans ses films précédents, comme L’Attentat (2012). Mais, en France, il n’est pas le réalisateur de Baron noir (saisons 1 et 2) pour rien. À son efficacité de mise en scène, il sait mêler une certaine complexité. Celle-ci apparaît surtout dans les nombreuses séquences du procès, qui posent des questions éthiques, y compris dans la défense de la cause des Palestiniens, le film penchant plutôt de ce côté. L’Insulte fait ainsi penser à du Costa-Gavras, dont la tension politique serait plus élaborée.

L’Insulte, Ziad Doueiri, 1 h 52.


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